Prolongation du nucléaire: De Croo appelle chacun à prendre ses responsabilités « historiques »

Dans un courrier révélé jeudi, la CEO du groupe français a énuméré ses demandes, en particulier de partager le risque lié au démantèlement des cinq réacteurs les plus anciens après 2025 et de devenir co-opérateur des réacteurs prolongés. Elle confirme de la sorte des informations qui circulaient depuis deux semaines.

« Des négociations comme celles-là, il faut les mener avec sang froid et dans le respect des responsabilités de chacun, y compris les responsabilités historiques. Il faut le faire d’une manière retenue et avec une certaine discrétion », a-t-il expliqué à la tribune de la Chambre.

« Notre volonté est de trouver un accord. Pour nous, il y a une seule priorité, ce sont les intérêts de la Belgique et de ses citoyens », a-t-il ajouté.

L’appel aux responsabilités visait notamment les partis qui se trouvaient au gouvernement sous la législature précédente, dont la N-VA aujourd’hui dans l’opposition et très critique sur la façon dont le dossier est géré. En 2003, le gouvernement Verhofstadt a décidé d’arrêter le nucléaire en 2025 et le gouvernement Michel a confirmé ce choix en 2015. « J’ai l’impression que vous êtes frappé d’amnésie », a lancé M. De Croo.

Le coût du démantèlement du nucléaire est estimé à 41 milliards d’euros. Il est en principe à charge de l’exploitant, Engie-Electrabel, qui a constitué des provisions. « Votre gouvernement n’a pas signé pour prendre en charge une facture de 41 milliards d’euros (…) Il est hors de question que le contribuable belge paie pour la facture des déchets nucléaires », a rappelé Samuel Cogolati (Ecolo-Groen).

L’issue des négociations demeure incertaine. Marie-Christine Marghem (MR), ministre de l’Énergie sous la législature précédente, estime que la prolongation des deux réacteurs les plus récents, décidée par le gouvernement actuel, constitue une « obligation de résultat ».

Trois organisations environnementales Jugent « inacceptable de faire payer les citoyens »

Pour Inter Environnement Wallonie (IEW), Greenpeace et Bond Beter Leefmilieu (BBL), il est totalement « inacceptable » que « le gouvernement – et donc les citoyens – contribue aux frais générés par l’élimination de déchets nucléaires des centrales qui seraient prolongées de 10 ans », font savoir jeudi les trois organisations environnementales dans un communiqué. Dans une lettre adressée au Premier ministre Alexander De Croo, le groupe énergétique Engie a demandé au gouvernement fédéral de co-investir dans la prolongation des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 et de participer au financement de l’élimination de déchets nucléaires qui en résulte.

« Cette lettre démontre que le coût de la prolongation est bien trop élevé. Il serait d’ailleurs plus que temps que le gouvernement fédéral évalue de manière transparente le coût réel de la prolongation (en y intégrant bien sûr le coût de la gestion des déchets) », ajoutent les trois organisations dans leur communication.

Celles-ci insistent sur le fait que « d’autres options que ce deal absurde sont possibles ». Le gouvernement « doit notamment veiller à ce que les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie et la gestion de la demande représentent l’essentiel des nouvelles capacités qui seront mises aux enchères dans le cadre du soutien aux nouvelles capacités électriques (CRM) cet automne ».