Procès des attentats à Bruxelles: l’avocat d’El Haddad Asufi demande l’irrecevabilité des poursuites

L’avocat estime que ce dernier a déjà été jugé. « Il n’y a pas un seul élément à charge qui ne lui a pas déjà été reproché à Paris, tout a déjà été débattu », a-t-il affirmé. La cour d’assises de Paris a condamné, en juin dernier, Ali El Haddad Asufi à dix ans de prison, dont il devra purger au moins deux tiers de la peine.

Il a comparu tous les jours pendant près d’un an à Paris, a rappelé son conseil. Il n’a jamais refusé de comparaître, « il a toujours collaboré ». « S’il ne comparait pas » lors de ce procès, « on pourra simplement projeter les vidéos de ses interrogatoires à Paris, les réponses aux questions seront les mêmes », a-t-il ironisé.

Dans l’après-midi, le parquet, par la voix de la procureure Paule Somers, a balayé les arguments de Me De Taye, estimant que rien ne viole le principe de ‘non bis in idem’ (nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement à raison des mêmes faits). « Ce principe suppose une identité de faits », ce n’est pas le cas ici, a-t-elle répliqué. « Il s’agit de faits matériels distincts » tant de point de vue temporel que géographique. Un raisonnement suivi par Me Masset pour les parties civiles, ce dernier rappelant en outre que la chambre des mises en accusation avait déjà tranché pour des demandes similaires de deux autres accusés condamnés à Paris, et que le cas de M. El Haddad Asufi ne faisait pas exception.

Me Maryse Alié (Life4Brussels) a de son côté estimé que cette demande « allait trop loin ». « Les bras m’en tombent (…) Nous attendons des débats sereins dans le respect de toutes les parties », a-t-elle déclaré, rappelant les centaines de personnes blessées dans les attentats de Bruxelles qui attendent des réponses pour ces faits précis.