Belgique

Présidentielle au Portugal : Antonio José Seguro l’emporte face à l’extrême droite.

M. Seguro, 63 ans, recueillerait 66% des suffrages, contre 34% pour M. Ventura, député de 43 ans et président de la formation Chega (« Assez »). Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l’extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti.


M. Seguro, 63 ans, obtiendrait 66 % des voix, tandis que M. Ventura, député de 43 ans et président du parti Chega (« Assez »), en recueillerait 34 %. Il devrait donc prendre ses fonctions début mars, succédant au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui a exercé sa présidence pendant dix ans.

Alors qu’André Ventura promettait une « rupture » avec les partis au pouvoir au Portugal depuis 50 ans, le vainqueur pressenti s’est présenté comme un candidat rassemblant les voix et a mis en garde contre « le cauchemar » que serait le pays si son adversaire remportait l’élection.

Après avoir été en retrait de la vie politique pendant dix ans, cet ancien député et ex-ministre avait remporté le premier tour avec 31,1 % des suffrages et a obtenu depuis le soutien de nombreuses figures politiques d’extrême gauche, du centre et même de droite, bien qu’il n’ait pas reçu celui du Premier ministre Luis Montenegro.

Le chef du gouvernement minoritaire de droite, s’appuyant alternativement sur les socialistes et l’extrême droite au Parlement, a refusé de donner des consignes de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti.

M. Ventura a, quant à lui, franchi une nouvelle étape en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant ainsi la montée électorale de son parti, devenu la principale force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025.

En se présentant à la présidentielle, cet autoproclamé « candidat du peuple » cherchait surtout à « consolider sa base électorale » et à « s’affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise« , comme l’avait expliqué avant le vote José Santana Pereira, professeur de sciences politiques à l’Institut universitaire de Lisbonne ISCTE.

Bien que le rôle du chef de l’État portugais soit principalement symbolique, il agit en qualité d’arbitre en cas de crise et a le pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées. Étant donné que « le gouvernement ne dispose toujours pas d’une majorité au Parlement« , le nouveau président « restera au centre du jeu politique« , a commenté le politologue Bruno Ferreira da Costa de l’université Beira Interior.

Suite au premier tour, la campagne a été totalement inondée par de violentes tempêtes qui ont frappé le Portugal ces deux dernières semaines, entraînant le report d’une semaine du scrutin dans une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées.

Néanmoins, la grande majorité des 11 millions d’électeurs, tant au Portugal qu’à l’étranger, était appelée à voter dimanche, et malgré des craintes de démobilisation des électeurs, le taux d’abstention devrait rester en accord avec les 47,7 % enregistrés au premier tour, ce dernier ayant connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.

« Je pense qu’ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections« , a déclaré à l’AFP Celeste Caldeira, une enseignante à la retraite de 87 ans. « Là on a deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l’intérêt de tous, ou alors je ne sais pas où on va« , a-t-elle ajouté après avoir glissé son bulletin dans l’urne d’une école située au centre de Lisbonne.

« Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats« , a pour sa part expliqué Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans, tout en laissant entendre qu’elle avait finalement pris sa décision en faveur du socialiste.