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Près de 200 morts dans la mine de Rubaya en RDC.

La mine de Rubaya, la plus grande mine de coltan de la République démocratique du Congo, est sous le contrôle du mouvement rebelle M23 depuis le mois d’avril 2024. Le glissement de terrain et les effondrements de galeries qui se sont produits ce vendredi ont fait 200 morts, un bilan qui peut encore s’alourdir.


La mine de Rubaya représente la plus grande extraction de coltan en République démocratique du Congo. L’exploitation de ce minerai se fait de manière artisanale, et les accidents surviennent fréquemment lors de fortes pluies. C’est ce qui s’est produit ce vendredi.

* »Il y a eu de la pluie, l’éboulement s’en est suivi et a emporté les gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur, »* raconte Franck Bolingo, un mineur artisanal.

Le glissement de terrain et les effondrements de galeries qui ont suivi ont fait 200 morts, un bilan susceptible d’évoluer. Il s’agit de l’un des bilans les plus élevés depuis un an, l’incertitude des chiffres s’expliquant par le caractère informel de l’activité minière, comme l’indique Guillaume De Brier, chercheur à l’IPIS, International Peace Information Service.

Des éboulements qui commencent de tout en haut parce que la structure souterraine n’est plus stable

* »Officiellement, le code minier ne permet que des tunnels d’une profondeur de 30 mètres. En réalité, on a observé des tunnels allant jusqu’à 100 ou 200 mètres. Le problème à Rubaya, c’est qu’il y a des puits mais aussi des tunnels… Ils affaissent en fait des flancs de montagne. Ainsi, on aboutit à des éboulements qui commencent de tout en haut, car la structure souterraine n’est plus stable, »* ajoute-t-il.

Blanchir la production

Depuis avril 2024, la mine est contrôlée par le mouvement rebelle M23, qui entretient des liens présumés avec Kigali, malgré les démentis. Toutefois, selon des experts, la production de la mine est commercialisée au Rwanda, qui est également producteur.

* »Il y a une petite production légale, »* explique Pierre Boisselet, directeur des recherches à l’Ebuteli, l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. * »Cela donne le droit au Rwanda d’exporter du tantale sur les marchés internationaux. En mélangeant les productions, cela permet de blanchir la production effectuée illégalement en RDC, ou en tout cas celle qui a passé la frontière de manière illégale. »*

Le coltan est ensuite exporté vers l’Asie, où il est utilisé principalement dans l’électronique de pointe. Selon l’ONU, ce commerce génère actuellement plusieurs centaines de milliers de dollars par mois pour le M23.