Pourquoi le prix du litre de diesel augmente-t-il plus que celui de l’essence ?
Depuis le 28 février, date du début de la guerre au Moyen-Orient, les prix des carburants en Belgique ont augmenté, le prix maximum du litre d’essence 95 passant de 1,6340 euro à 1,9220 euro le 1er avril, soit une hausse de 17,62%, tandis que le prix du litre de diesel est passé de 1,7580 euro à 2,3350 euros, représentant une augmentation de 32,82%. L’an dernier, la consommation de diesel et de mazout en Belgique a atteint 8,5 millions de tonnes, contre 2,7 millions de tonnes pour l’essence.

Depuis le 28 février, début de la guerre au Moyen-Orient, les prix des carburants n’ont cessé d’augmenter. Toutefois, leur évolution diffère selon le type de carburant.
En Belgique, le prix maximum autorisé du litre d’essence 95 a augmenté, passant de 1,6340 euro le 28 février à 1,9220 euro le 1er avril, selon le dernier prix communiqué par le SPF Economie. Cela représente une hausse de 17,62%. Pendant ce temps, le prix du litre de diesel a grimpé de 1,7580 euro à 2,3350 euros, soit une augmentation de 32,82%.
Pourquoi la hausse du prix du diesel est-elle plus marquée que celle de l’essence 95 ? Notre rédaction a posé la question à Jean-Benoît Schrans, porte-parole d’Energia, la Fédération belge du secteur pétrolier.
Première raison : un coût de production plus élevé
« Le diesel est un carburant qui coûte plus cher à la production que l’essence en raison d’un processus plus complexe de transformation, de raffinage du pétrole brut en diesel, qui doit passer par plusieurs unités de transformation pour arriver au produit final« , explique Jean-Benoît Schrans.
« Avec un baril de pétrole brut, on peut produire jusqu’à 50% d’essence, mais seulement de 20 à 35% de diesel« , ajoute-t-il. « Il faut plus de pétrole brut pour produire une unité de diesel. Ainsi, la molécule de diesel coûte plus cher à produire que l’essence« , précise-t-il.
Plus de demande pour le diesel
Le second facteur expliquant la hausse plus forte du diesel est la loi de l’offre et de la demande. « Il y a une plus grande demande pour le diesel« , déclare Jean-Benoît Schrans. « Aujourd’hui, environ 25% du parc automobile belge est constitué de voitures diesel. De plus, 99% des camions qui circulent sur nos routes sont encore alimentés au diesel« , précise-t-il. « En Belgique, la répartition de la consommation est de 65% pour le diesel et 35% pour l’essence, incluant non seulement les voitures particulières mais aussi les camions. Le diesel est également utilisé dans le secteur industriel et pour les machines agricoles.
L’année dernière, selon Energia, la Belgique a consommé 8,5 millions de tonnes de diesel et de mazout, qui appartiennent à la même catégorie. Pendant ce temps, la consommation d’essence a atteint 2,7 millions de tonnes.
La situation au Moyen-Orient aggrave la situation
La situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient, notamment le blocage du détroit d’Ormuz, exerce également une pression sur le prix du diesel. « La paralysie du détroit d’Ormuz ne bloque pas seulement le transit de pétrole brut, mais également celui des produits finis comme le diesel, ce qui impacte les prix« , indique Jean-Benoît Schrans. « Les pays du Moyen-Orient exportent directement du diesel, notamment vers les pays asiatiques« , ajoute-t-il. La diminution des exportations de diesel vers l’Europe et la Belgique, qui ont la capacité de raffiner le pétrole brut, s’explique par le manque de diesel en Asie, ce qui fait grimper les prix à l’échelle mondiale.

