Belgique

Pompiers et ambulanciers bruxellois en grève pour leurs droits.

La nuit de la Saint-Sylvestre est traditionnellement l’un des moments les plus agités pour les pompiers et ambulanciers bruxellois, qui expriment leur mécontentement face à la détérioration de leurs conditions de travail. Près de 50% des grévistes continueront le mouvement jusqu’à demain matin, remplacés par des effectifs de la Croix-Rouge depuis ce mercredi matin.


Traditionnellement, la nuit de la Saint-Sylvestre est l’un des moments les plus chargés pour les pompiers et ambulanciers bruxellois. Cela explique qu’ils aient choisi le dernier jour de l’année pour manifester leur mécontentement face à la dégradation continue de leurs conditions de travail.

Le cadre opérationnel du Siamu compte environ 1 100 hommes (et quelques femmes). Bien qu’il soit actuellement complet, il ne répond plus à l’augmentation exponentielle du nombre d’interventions : + 68 % d’interventions ambulancières en 15 ans, + 30 % d’interventions incendie en 9 ans.

Selon les syndicats, environ 200 pompiers manquent pour faire face à la charge de travail actuelle. L’état-major le reconnaît, par la voix de son porte-parole, Walter Derieuw : le cadre actuel ne suffit plus. Cependant, son extension dépend d’une décision politique et d’une augmentation des moyens du Siamu, qui ne semblent pas à l’ordre du jour en période de rigueur budgétaire.

« Par ailleurs, le Siamu recrute régulièrement », précise Walter Derieuw. « L’année passée, 44 nouveaux pompiers et pompières ont intégré le service. Début décembre, une nouvelle promotion de 24 pompiers néerlandophones a commencé sa formation. »

Nous avons rencontré l’un de ces 1 100 pompiers et ambulanciers. Il est entré au Siamu il y a huit ans, après avoir exercé en tant qu’infirmier. « Au quotidien, on prend nos gardes dans des casernes où tout le monde n’est pas présent. Tous les postes ne sont pas occupés. Il y a un effectif de garde fixé et systématiquement, il manque quelques personnes pour remplir des postes. Donc, certains véhicules ne sont pas utilisés et doivent être partagés. Des pompiers doivent monter sur plusieurs véhicules et ne peuvent donc pas assurer tous les départs. »

Fatalement, la charge de travail augmente. « Et cela entraîne une fatigue chronique, tant mentale que physique. […] Les gens sont de plus en plus à cran, cela crée des tensions en caserne, un mauvais climat, d’où le soutien massif à la grève. Cela ne vient pas de nulle part ; personne n’est surpris, c’est une tension qui monte de plus en plus. »

Un consensus politique semble exister pour ne pas réduire les moyens du Siamu. Reste à voir si ce consensus tiendra face aux arbitrages budgétaires du futur gouvernement de plein exercice que Bruxelles attend toujours. Quant à l’extension du cadre pour l’adapter à l’activité actuelle, cela semble utopique dans le contexte budgétaire actuel.

Près de 50 % des grévistes continueront le mouvement jusqu’à demain matin, remplacés par des effectifs de la Croix-Rouge, comme cela est le cas depuis ce mercredi matin.