Podcast à Cureghem : jeunes, stigmatisation et aspiration à l’avenir
Isma (19 ans) et Ermal (20 ans) ont grandi à Cureghem et décrivent leur quartier comme « convivial » et respectueux, surtout pendant les fêtes. La commissaire Déborah Appelman reconnaît une augmentation de la consommation de drogues dures à Cureghem tout en défendant une approche de proximité.
Isma (19 ans) et Ermal (20 ans) ont grandi à Cureghem. Lorsqu’ils décrivent leur quartier, Ermal le qualifie de : « C’est convivial. Il y a du respect, surtout pendant les fêtes. » Isma met en avant la diversité : « On vit avec des Africains, des Asiatiques, des Européens, des Dominicains. On a grandi ensemble, avec les mêmes valeurs. »
Cependant, la conversation devient plus sérieuse lorsqu’ils évoquent le regard extérieur. Selon eux, les médias ne montrent qu’un aspect de Cureghem : « Ils ne montrent pas quand on est joyeux, quand on fait des activités entre nous. Quand c’est une fusillade ou un meurtre, là, ça fait polémique, » déplore Isma. Une couverture qui engendre, selon eux, un sentiment de stigmatisation persistant.
La violence, omniprésente dans leurs récits, est devenue banale. « On s’y fait. On accepte, on s’adapte, » résume Isma. Les slogans « Justice pour Adil » ou « Justice pour Mehdi », symboles à Anderlecht suite à la mort de deux jeunes lors d’interventions policières en 2019 et 2020, incarnent ce sentiment d’injustice. Dans les deux cas, la justice a jusqu’à présent prononcé un non-lieu.
Morade El Hasnaoui, éducateur de rue depuis plus de quinze ans, témoigne quotidiennement de ce malaise. Il accompagne ces jeunes et, depuis quelques semaines, ils travaillent ensemble sur un projet d’échange international portant sur la précarité. « Je ne décide pas à leur place. Ce qui est important, c’est la relation, la confiance, » précise-t-il.
Parmi eux, Iliès, 24 ans et bientôt diplômé d’un master en informatique, recherche un emploi. Il ressent également le poids de l’étiquette associée à son quartier. « Sur mon CV, je dis juste Bruxelles. Anderlecht, ça change le regard, » admet-il.
En réponse à ces témoignages, la police présente une réalité de terrain parfois complexe. La commissaire Déborah Appelman, active dans la zone Midi, reconnaît une hausse de la consommation de drogues dures à Cureghem, tout en soutenant une approche de proximité : « Le soutien des habitants vaut tout l’or du monde. »
Ces récits peuvent être écoutés dans ce dernier épisode.

