Belgique

Podcast à Cureghem : immersion dans un quartier en détresse.

Cureghem est l’un des quartiers les plus densément peuplés d’Anderlecht, avec 25.000 habitants, et il s’est imposé comme l’épicentre de la violence liée au narcotrafic dans la capitale. Lors d’un conseil communal de la commune d’Anderlecht, une centaine de personnes s’est rassemblée en novembre 2025 pour manifester contre l’instauration d’un couvre-feu pour les commerces de Cureghem, qui, une fois votée, aurait entraîné leur fermeture à 21h.


Coincé entre la gare du Midi et le canal de Bruxelles, Cureghem est l’un des quartiers les plus densément peuplés d’Anderlecht, avec 25 000 habitants. Ces dernières années, il est devenu l’épicentre de la violence liée au trafic de drogue dans la capitale.

En 2025, plusieurs fusillades ont eu lieu dans le quartier. Des règlements de comptes à l’arme lourde se sont produits en pleine rue. En février 2025, des images montrant deux hommes armés d’armes de guerre tirant en direction de la place Clémenceau ont circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux. Deux semaines plus tard, une autre fusillade a fait un mort au même endroit.

Le point de départ du podcast : la colère des habitants

L’immersion commence un soir de novembre, lors d’un conseil communal de la commune d’Anderlecht. Devant la maison communale, une centaine de personnes se sont rassemblées. Il s’agit d’une manifestation organisée en réaction à une mesure inscrite à l’ordre du jour : l’instauration d’un couvre-feu pour les commerces de Cureghem. Si cette mesure est votée, les commerces devront fermer à 21h.

Les manifestants estiment que les problèmes ne viennent pas des commerces, mais bien des trafiquants de drogue qui occupent l’espace public.

À l’intérieur de la maison communale, la tension est palpable. La salle du conseil se remplit rapidement et des policiers en civil sont présents pour surveiller les échanges. Le public ne se contente pas d’assister aux débats : des cris et des slogans viennent interrompre la séance.

Un employé communal révèle que ce climat tendu est devenu récurrent depuis la crise du Covid-19, et qu’il s’est intensifié avec la mise en place du plan de mobilité régional Good Move.

Lorsque le vote est enfin lancé, la fermeture anticipée des commerces n’est pas adoptée. À l’annonce des résultats, des cris de victoire retentissent, suivis de slogans réclamant la démission du bourgmestre.

Le bourgmestre répond

Quelques jours plus tard, le bourgmestre d’Anderlecht, Fabrice Cumps, évoque cet épisode. « Ce n’est pas facile à vivre », déclare-t-il. « Maintenant, je me dis toujours : j’ai choisi cette fonction. J’ai aussi beaucoup de compassion et de compréhension pour les citoyens qui vivent aussi des situations difficiles dans leur quotidien. » Il regrette que les habitants n’aient pas eu l’occasion de s’exprimer lors de cette contestation.

Au fil de l’épisode, le podcast donne la parole à des habitants révoltés, au bourgmestre d’Anderlecht, ainsi qu’au procureur du roi, sans oublier un homme qui tente de fuir Cureghem.

Tous partagent leur vision d’un quartier dégradé, mais auquel certains sont attachés. Entre colère, lassitude et espoir, se dessine le portrait d’un quartier à bout de nerfs.

Les 1000 Bruxelles est une série de podcasts immersifs au cœur des quartiers de Bruxelles.