Plusieurs organisations présentent une feuille de route pour sortir de la crise de l’asile en Belgique

Les signataires du plan d’action reprochent à l’Etat et à l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) de ne pas remplir leurs obligations internationales en matière d’asile et d’accueil, malgré leur condamnation en janvier dernier par le tribunal de première instance de Bruxelles.

« Actuellement, les astreintes dues par Fedasil aux organisations s’élèvent à plus de 500.000 euros. Et les pénalités à l’égard des demandeurs d’asile s’élèvent à 1.000 euros par jour de non-accueil. Les demandeurs d’asile qui ont obtenu gain de cause devant les tribunaux doivent pourtant attendre 4 à 6 semaines avant d’être reçus. Mais l’État ne paie rien », soulignent les partenaires, qui dénoncent « une situation de déni du droit à l’accueil, faute d’une gestion efficace par les autorités ».

Depuis la pandémie de covid-19, les demandes d’asile ont légèrement augmenté, mais elles sont loin d’atteindre les chiffres de la « crise migratoire » de 2015, concomitante à la guerre en Syrie. Au cours des sept premiers mois de 2022, 19.098 demandes d’asile ont été enregistrées, contre 45.000 en 2015.

« Au lieu de créer un système structuré, c’est l’urgence constante qui est de mise », regrettent les organisations humanitaires.

Leur feuille de route contient une trentaine de mesures concrètes concernant l’ouverture et la disponibilité des places d’accueil, l’accélération des procédures, l’application de la Convention de Dublin, la situation sanitaire des demandeurs d’asile ou encore le parcours des mineurs d’âge.

Elles plaident également pour déclencher la phase fédérale du plan d’urgence national, afin que la coordination de cette crise revienne au ministre de l’Intérieur et au centre national de crise.

« Il est vrai que des milliers de places ont déjà été libérées, mais il s’agit d’une obligation. Pour les personnes exilées, chaque nuit passée dehors est une nuit de trop. Or il existe des places supplémentaires, par exemple dans les hôtels, les maisons de retour non utilisées ou sur les sites aménagés pour les réfugiés ukrainiens qui sont tout sauf pleins et où les places et le personnel sont déjà disponibles », détaille Sotieta Ngo du Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers).

Les signataires remettront formellement leur feuille de route au Premier mlinistre, Alexander De Croo, afin d’obtenir des engagements concrets pour une sortie de crise. A leurs yeux, la secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Nicole de Moor (CD&V), ne peut gérer cette situation seule à la barre. « Une coopération coordonnée entre les différentes autorités compétentes est nécessaire », estime la directrice de Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Tine Claus.