Plus grand procès de pédopornographie jamais organisé en Belgique: les peines infligées sont « une gifle pour toutes les victimes »

Child Focus a réagi de manière indignée après le jugement rendu mardi dans le cadre du plus grand procès de pédopornographie jamais organisé en Belgique.

L’organisation qui s’était constituée partie civile dans l’affaire afin de représenter les enfants qui n’avaient pas encore pu être identifiés a qualifié les peines infligées de « gifle en pleine figure pour toutes les victimes ». Quatre des cinq prévenus ont été condamnés à des peines de 5, 6, 7 et 16 ans de prison tandis qu’un collège d’experts a été désigné afin de déterminer si le cinquième prévenu devait être interné. Pour Child Focus, ces peines sont un mauvais signal envoyés aux auteurs potentiels (de tels faits, ndlr.)

« Quinze téraoctets d’images d’abus sexuels, cela correspond à tous les textes de quinze grandes bibliothèques universitaires », souligne Child Focus. « Le jugement est une gifle pour les victimes. Celles-ci sont marquées à vie et, contrairement aux coupables, elles ne s’en tirent pas à si bon compte. Pas après 5, 6, 7 ou 16 ans car elles portent les blessures pour le restant de leur vie. »

« Une partie des peines ont déjà été purgées en détention préventive et seule une moitié devra effectivement être prestée », poursuit Child Focus. « Les prévenus pourront donc être très rapidement libérés. »

« Malgré la grande complexité de l’affaire et les immenses défis de la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, les enquêteurs avaient réussi à mettre au jour ce réseau très dense, mais ce jugement réduit presque ce travail acharné à néant », ajoute Child Focus. « En outre, il est frappant de constater que les condamnés ont peu ou pas du tout de sentiment de culpabilité, car selon certains, ils sont pédophiles et n’y peuvent rien, ou encore, il n’y avait pas de thérapie adéquate disponible. Et cela nous inquiète, bien sûr, car dans un tel cas, le risque de récidive est extrêmement élevé et met également en danger d’autres enfants qui deviennent dès lors des victimes potentielles. »

Child Focus ajoute que les auteurs potentiels qui ont des sentiments, des fantasmes ou des pulsions pédophiles et qui ne sont pas connus des tribunaux doivent être mieux soutenus. « Nous continuons donc à plaider pour une notoriété maximale et davantage de ressources pour la ligne ‘Stop It Now’ en Flandre, mais aussi pour une ligne d’assistance francophone pour les personnes ayant des sentiments pédophiles et qui peut orienter les délinquants et les délinquants potentiels vers un éventail d’aides plus étendu. »

Child Focus s’était constituée partie civile afin de pouvoir représenter les enfants qui n’avaient pas encore pu être identifiés et a reçu un euro symbolique à titre de dommages.