Plus de la moitié des SDF n’ont pas eu de logement stable depuis un an

BelgiqueL’action « Face-à-face pour un logement » montre que c’est le triste sort de 59 % des sans-abri à Bruxelles.

Quand on « tombe » à la rue, on y reste pour de longs mois, voire des années… Au cours de l’action « Face-à-face pour un logement » menée en septembre par la campagne « 400Toits », 59 % des personnes sans abri ont indiqué qu’elles n’avaient pas eu de logement stable et permanent depuis plus d’un an. Un des 300 SDF rencontrés à Bruxelles par les bénévoles a même expliqué qu’il vivait à la rue depuis… 24 ans.

C’est une des rudes conclusions de cette action. Au cours des interviews, les personnes étaient interrogées sur leur parcours et leurs besoins, tant sociaux que médicaux, pour imaginer des solutions de logement adaptées.

Ces résultats sont alarmants et la situation se dégrade encore, relève la campagne « 400Toits », qui prône l’instauration d’une politique structurelle pour la fin du sans-abrisme.

Augmentation du nombre de femmes

Sur les 276 personnes (dont 84 % d’hommes) qui ont accepté de participer à l’enquête, 81 % ont déclaré dormir habituellement à l’extérieur. Un tiers des participants dit aussi souffrir d’une maladie chronique touchant un des organes vitaux. Une personne sur deux dit s’être fait agresser depuis qu’elle est sans-abri.

Lorsqu’on compare ces données avec celles recueillies lors de la première édition du « Face-à-face pour un logement » (en juin 2017), plusieurs tendances peuvent être mises en évidence. Si la proportion de sans-abri avec un degré de vulnérabilité élevé est la même (un sur quatre), on constate une augmentation de personnes en provenance du continent africain et de femmes dans cette situation d’extrême précarité.

Le nombre de femmes qui ont passé plus d’un an dans la rue a augmenté. Elles sont aussi plus nombreuses dans la catégorie des personnes qui adoptent des comportements identifiés comme dangereux pour elles-mêmes (prostitution, toxicomanie…).

Il y a urgence

Un autre chiffre donne froid dans le dos : 33 % des sans-abri rencontrés n’arrivent à subvenir à aucun de leurs besoins vitaux (se laver, changer de vêtements, aller aux toilettes, trouver de la nourriture et de l’eau potable…).

Ces résultats mettent en évidence les besoins urgents des personnes sans-abri à Bruxelles. En dépit de la disponibilité de services de soutien et des efforts fournis, la situation se dégrade d’année en année. Il est temps que chaque acteur, concerné de loin ou de près par le problème, se rende compte de la possibilité, de la nécessité et de l’urgence de mettre fin au sans-abrisme, insistent les responsables.

La campagne « 400Toits », qui a pour objectif de trouver 400 logements d’ici fin 2020, concentrera ses actions en 2019 autour de trois axes principaux : le plaidoyer politique, la remise en logement et la sensibilisation.