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Plus de 11.000 documents sur l’affaire Epstein : dissimulation ?

Le gouvernement américain a publié mardi environ 11.000 nouveaux fichiers liés à l’affaire Epstein, dans lesquels Donald Trump est mentionné à de nombreuses reprises. Le ministère américain de la Justice a affirmé que ces documents contenaient des affirmations « fausses et sensationnalistes contre le président Trump ».


Le gouvernement américain a publié mardi des milliers de nouveaux documents concernant l’affaire Epstein, dans lesquels Donald Trump est mentionné à de nombreuses reprises, donnant des détails sur ses relations avec le criminel sexuel décédé en prison en 2019.

Le ministère américain de la Justice a rapidement déclaré que ces documents contenaient des affirmations « fausses et sensationnalistes contre le président Trump qui ont été soumises au FBI juste avant l’élection de 2020 ». « Si elles avaient la moindre crédibilité, elles auraient déjà été utilisées contre le président Trump », a-t-il ajouté.

L’affaire, qui préoccupe sa base partisane, embarrasse Donald Trump et son gouvernement depuis des mois, alors que ces documents sont publiés sous la contrainte d’une loi adoptée au Congrès. Environ 11 000 nouveaux fichiers ont été publiés mardi, selon une analyse de l’AFP.

L’un de ces documents répertorie les nombreuses fois où le républicain a voyagé dans le jet privé de Jeffrey Epstein, révélant l’étroite relation entre Donald Trump et le financier américain. Le président affirme avoir mis fin à ses relations avec lui avant que ce dernier ne soit inquiété par la justice.

Donald Trump figure huit fois sur la liste des passagers de l’avion privé de Jeffrey Epstein entre 1993 et 1996, dont une fois avec comme seuls autres voyageurs l’ancien financier et une personne de 20 ans, a affirmé un enquêteur dans un courriel publié mardi. Dans une lettre apparemment signée de Jeffrey Epstein et adressée à Larry Nassar, l’ex-médecin de l’équipe américaine de gymnastique condamné à la prison à vie pour des centaines d’agressions sexuelles, Donald Trump est décrit comme « partageant aussi notre amour des jeunes filles nubiles ». « Quand une jeune beauté passait devant lui, il adorait ‘attraper (sa) chatte' », précise la lettre attribuée à Jeffrey Epstein.

Donald Trump, qui évoluait dans les mêmes cercles riches new-yorkais que Jeffrey Epstein à la fin des années 1990, a donné plusieurs versions de sa séparation avec lui. En juillet, le président a déclaré l’avoir exclu après qu’Epstein avait débauché des employés de son spa. Il a également affimé l’avoir écarté de son club de golf parce qu’il était un « sale type ».

Des images de vidéosurveillance de la cellule de Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé en prison en août 2019 selon les autorités, avant son procès pour crimes sexuels, ont également été mises en ligne mardi. Le ministère avait déjà publié vendredi environ 4 000 fichiers liés à l’affaire Epstein, mais n’a pas publié l’intégralité, comme l’exigeait la loi, qui le contraint à publier l’ensemble du dossier avant le 19 décembre.

Des victimes du criminel sexuel et des élus démocrates ont critiqué lundi l’administration Trump pour ce qu’elles estiment être une rétention d’informations et une diffusion du dossier Epstein jugée trop lente. Le ministère a affirmé qu’il prenait le temps de protéger les noms des victimes. Une quinzaine de victimes ont exprimé lundi dans un communiqué publié sur X que seule une « partie » des documents avait été rendue publique et ont évoqué un caviardage « anormal et extrême » des éléments publiés vendredi sans « aucune explication ».

Depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, le président américain a évoqué lundi pour la première fois le dossier, exprimant sa crainte que ces documents n’affectent « l’image » de personnes innocentes. L’ancien président « Bill Clinton était ami avec lui, mais tout le monde l’était », a-t-il poursuivi, s’inquiétant que certaines personnes « ayant innocemment rencontré » Jeffrey Epstein « parce qu’il était à une fête » puissent être embarrassées par la publication de ces documents.

Le département de la Justice explique qu’il ne peut pas tout publier immédiatement, malgré l’obligation légale de diffusion pour le 19 décembre, afin de préserver l’anonymat des victimes présentes dans des milliers de photos, vidéos et textes. Il affirme travailler à une publication prudente du reste du dossier.

Le retard dans la publication des documents a été qualifié par Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, de « clairement une opération de dissimulation », exprimant son agacement face aux délais pris dans la publication des documents issus de l’enquête menée par les autorités américaines.