Plainte d’ATTAC contre un expert-comptable cité dans une fraude liées aux Dubaï Papers

L’Association pour une Taxation sur les Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) a décidé de déposer une plainte déontologique auprès de l’Institut des Experts-comptables et des Conseils fiscaux (IEC) à l’encontre de l’un de ses membres, Guy Ollieuz, a-t-elle affirmé via un communiqué.

ATTAC explique cette décision par la publication d’informations, dans divers articles de Paris Match en 2019, qui dénoncent Guy Ollieuz comme un « rabatteur » de clients pour le prince Henri de Croÿ, personnage central d’une présumée fraude fiscale, révélée dans les « Dubaï Papers ». Cette multitude de documents qui ont fuité en 2018 ont permis la mise au jour d’importantes pratiques d’évasion fiscale. ATTAC a également déposé une plainte déontologique auprès de l’Ordre français du Barreau de Bruxelles, le 16 décembre dernier, à l’enconrte de deux avocats dont les noms sont eux aussi cités dans les articles de Paris Match. L’Association entend faire la lumière sur le rôle exact joué par Me Thierry Afschrift et Me Arnaud Jansen dans la vaste fraude fiscale qui aurait été organisée par le prince Henri de Croÿ.

Cet homme d’affaires a déjà été inquiété par la justice belge pour fraude fiscale mais a été acquitté au terme d’une longue procédure judiciaire, en mai 2015.

Plusieurs articles de Paris Match, parus en mai, octobre et décembre 2019 au sujet des « Dubaï Papers », laissent entendre que les deux avocats belges, inscrits au barreau de Bruxelles, n’auraient à tout le moins pas respecté leur déontologie. Selon le média, ils sont répertoriés dans un fichier Excel, issu des archives du prince de Croÿ, comme « apporteurs » de clients belges désireux de constituer une société offshore à Ras Al-Kaimah (RAK), aux Émirats Arabes Unis. C’est dans cet Emirat qu’est basé le groupe Helin, fondé par Henri de Croÿ.

L’expert-comptable Guy Ollieuz, dont la fiduciaire est installée à Louvain-La-Neuve, est également mentionné dans ces articles comme ayant joué le rôle d' »apporteur » de clients. Il est aussi cité comme étant intervenu dans le rapatriement anonyme, en 2010, d’une société enregistrée au Panama vers la Belgique.

Cette offshore aurait été constituée dans les années 1980 pour occulter le bénéficiaire économique de fonds ayant notamment servi à faire l’acquisition d’un appartement de standing à Uccle, selon Paris-Match. Une vingtaine d’années plus tard, elle aurait été rapatriée « incognito » en Belgique, sous une nouvelle forme juridique et avec une nouvelle dénomination de son objet social, alors qu’était évoquée la signature d’une convention entre la Belgique et le Panama portant sur l’échange d’informations bancaires et fiscales.

Pour rappel, dans le cadre des « Dubaï Papers », le parquet fédéral belge a ouvert une information judiciaire sur un réseau de fraude fiscale à échelle internationale qui se serait noué autour du groupe Helin, fondé par le prince Henri de Croÿ et basé aux Émirats arabes unis, dès le début des années 2000.