Paul Magnette: « J’ai voulu répondre à une provocation que l’on entend éternellement du côté flamand »

La sortie de Paul Magnette lundi sur l’e-commerce a fait couler beaucoup d’encre. « Il serait souhaitable de sortir de l’e-commerce. Faisons de la Belgique un pays sans commerce électronique, avec de vrais magasins et des villes animées », a-t-il déclaré dans une interview à l’hebdomadaire flamand Humo. Invité de la matinale de la RTBF ce mercredi, le président du PS est revenu sur ses propos.

« Oui j’ai un compte Amazon, je vis avec mon temps et je continue de faire des commandes en ligne », a commencé le bourgmestre de Charleroi. « Je pense néanmoins que c’est un débat intéressant, et avec cette petite phrase je ne suis pas déçu à ce point de vue », s’est-il ravi.

Il n’est pas question de faire disparaître tout l’e-commerce », a-t-il précisé dans un entretien à Sudinfo. Il a de nouveau expliqué sa position au micro de la RTBF : « C’était une provocation qui répond à une autre provocation qu’on entend éternellement du côté flamand. Ils voient qu’aux Pays-Bas se développent de grands hangars de e-commerce avec des conditions de travail épouvantables. Et ça fait des années qu’on nous dit ‘on subit la concurrence de l’Allemagne, des Pays-Bas et donc qu’il faut déréguler’. Je subis cet argument constant comme quoi il faut réduire les droits des travailleurs, il faut réduire les protections, flexibiliser le travail… Je réponds à une provocation par une autre », a avancé le bourgmestre de Charleroi.

« Du second degré »

« Evidemment que c’est du second degré, qu’on ne va pas supprimer le e-commerce », a ensuite insisté à nouveau le socialiste, qui veut réguler le secteur pour favoriser les petits commerçants locaux par rapport aux grosses entreprises de commerce en ligne. « ça pose des questions environnementales, sociales et de santé », a-t-il argué. « On ne peut pas continuer à crier que le défi c’est le réchauffement climatique et continuer à faire circuler des biens et des produits dans le monde entier par avion avec des quantités monumentales d’emballage », a-t-il poursuivi.

Et face à ceux qui soutiennent la dérégulation du travail pour garantir le taux d’emploi, Paul Magnette a répondu : »Nous disons au contraire qu’il faut renforcer les droits des travailleurs. Je ne crois pas qu’on atteint le taux d’emploi en sanctionnant les gens, avec une flexibilité qui amène davantage de problèmes que de solutions. »