Osman Calli, condamné à vie en Belgique et libéré par la Turquie douze ans plus tard: « Je profite ici du soleil, de la mer et de la plage »

Le Gantois d’origine turque, Osman Calli, condamné en 2008 à la prison à vie pour quadruple homicide, double tentative d’homicide, incendie volontaire, car-jacking et prise d’otages, a été libéré en 2020, confirme lundi le SPF Justice, confirmant une information de HLN.be .

Transféré en Turquie fin juin 2013 pour y purger le reste de sa peine, il a été libéré officiellement par les autorités turques en 2020, sans que la justice belge n’ait été avertie. « Les autorités belges n’ont pas été formellement informées d’une éventuelle libération » , précisait Sharon Beavis du département Communication du SPF Justice.

Revenons en aux faits. En novembre 2004, Osman Calli avait abattu sa femme Teslime et sa sœur Hacer dans sa maison de Gand. Il avait mis le feu à la maison et s’était rendu à Nieuwerkerken près d’Alost où il s’était introduit dans la maison de Wendy Blendeman, son ex-femme et mère de son fils de 8 ans, qui y vivait avec son petit ami Henri De Cooman et sa mère Marie-Louise De Rop. Osman Calli a ouvert le feu et tué son ex-femme et sa mère. Le conjoint, touché d’une balle à la poitrine, a survécu. Le tueur a ensuite commis un car-jacking et a forcé le conducteur à le ramener à Gand. Là, il s’est introduit de force dans la maison d’un homme qu’il soupçonnait à tort d’adultère avec sa femme. Ce dernier, blessé par balle, est paralysé depuis. En 2008, Osman Calli a été condamné à la prison à vie par la cour d’assises de Gand, mais les dix ans de mise à disposition du tribunal demandés par le ministère public n’ont pas été imposés.

« Je suis libre comme un oiseau »

Depuis son retour sur sa terre natale, Osman Calli était le sujet de nombreuses rumeurs, comme le relaye HLN. Certaines disent qu’il a été libéré six mois après son arrivée, d’autres qu’il a bénéficié de la grâce présidentielle ou encore qu’il était rentré discrètement et librement en Belgique. En vérité, il a bénéficié de la loi turque, selon laquelle une libération anticipée est possible dès que deux cinquièmes de la peine encourue sont passés.

Son avocat, Me Ergun Top a confié à HLN que son clientavait bel et bien séjourné en prison pendant trois ans: « Depuis septembre 2016, il bénéficie d’une liberté partielle. Son incarcération n’a été entachée d’aucun écart de conduite, c’est pourquoi il a été libéré sous conditions le 10 novembre 2019, pour un an. Depuis 2020, c’est un homme totalement libre. »

VTM a réussi à contacter Osman Calli par téléphone. « J’ai rempli toutes mes obligations (…) Je suis un homme libre, libre comme un oiseau. Je profite ici du soleil, de la mer et de la plage. J’ai démarré une nouvelle vie, je serai bientôt papa d’un petit garçon. Maintenant je veux qu’on me laisse tranquille » , s’est défendu le principal intéressé.