Or, argent : astuces pour acheter ou vendre à prix records.
Anne a hérité d’un petit coffre contenant des pièces en or « Napoléon », qui valent chacune environ 300 euros selon une estimation de l’époque. Aujourd’hui, chacune de ces pièces lui serait rachetée 700 euros dans une boutique spécialisée.
L’histoire d’Anne reflète sans doute celle de nombreuses familles. À la mort de sa mère, elle a hérité d’un petit coffre rempli de pièces en or, appelées « Napoléon ». Ces pièces, qui valaient 20 francs français chacune, contiennent exactement 5,805 grammes d’or pur. « On avait estimé ces pièces à l’époque à environ 300 euros chacune », raconte Anne. « Certaines cousines qui en ont hérité les ont vendues, ce qui leur a permis de financer en partie leur première voiture. Personnellement, je les ai gardées, non pas pour attendre une nouvelle hausse, mais parce qu’en cas de guerre, l’or reste utile, il sera toujours valable. » Aujourd’hui, chacune de ces pièces pourrait lui être rachetée 700 euros dans une boutique spécialisée.
Cette situation illustre la montée des prix de l’or ces derniers jours, et plus globalement, ces derniers mois. Son prix a atteint un niveau record ce mercredi à 4890 dollars l’once d’or (31,103 grammes) en raison des tensions internationales autour du Groenland. Il y a un an, cette même once était à 2800 dollars, soit une plus-value de 75% en un an. La plupart des analystes estiment que cette valeur pourrait dépasser les 5000 dollars à court terme.
De son côté, l’argent connaît également une belle progression avec un prix actuel de 93 dollars l’once (toujours pour 31,103 grammes), contre 30 dollars en janvier 2025, soit une augmentation de 200% sur douze mois.
Il est possible de vendre et d’acheter des lingots d’un kilogramme (d’une valeur d’environ 130 000 euros pour l’or) ou en petites quantités (environ 290 euros pour 2 grammes d’or). Cependant, il y a des règles et des conseils à suivre pour éviter les arnaques.
Sans surprise, une des règles de base est d’être majeur pour vendre son or ou son argent. David Doutrepont, qui possède sept bijouteries en région liégeoise, à Mons et Namur, précise : « On vérifie la carte d’identité, qui doit être belge ou européenne, avec un lecteur électronique pour chaque transaction. Il est aussi essentiel de s’assurer que le client soit le propriétaire à 100% de l’objet qu’il apporte. »
Les prix sont mis à jour en continu, en fonction du marché. « Nous analysons la matière, pour déterminer s’il s’agit d’or 22, 18 ou 14 carats. Notre prix, qui correspond à l’or pur (24 carats), s’ajustera en fonction de la qualité de l’or. Pour l’or 18 carats, le prix sera multiplié par 72%, car c’est la quantité d’or pur que nous obtiendrons lors de la fonte. »
David Doutrepont ajoute que la confiance dans le magasin est cruciale : « Il faut avant tout que le magasin inspire confiance, qu’il soit sérieux et bien établi, évitant les boutiques récemment ouvertes suite à une envolée des prix. »
Sandro Ardizzone, CEO d’une société de rachat et de vente de métaux précieux, recommande également de s’orienter vers des entreprises reconnues et transparentes sur leurs prix et frais. La transaction en espèces est complètement illégale. « Si un client demande à être payé en liquide et que le racheteur accepte, cela serait un signe de non-conformité », souligne-t-il. Les paiements par virement sont instantanés, généralement effectués trois fois par jour.
Un dernier conseil d’Ardizzone consiste à choisir des négociants ayant des réserves financières solides. « Un magasin plus fragile pourrait éprouver des difficultés à payer 130 000 euros pour un kilogramme d’or. »
Sur le marché, l’achat et la vente d’or se maintiennent à un rythme soutenu. David Doutrepont indique qu’il y a eu une certaine accélération des ventes en novembre et décembre 2025. « Les discussions autour de l’or attirent ceux qui croient à une hausse continue et viennent acheter des lingots ou des pièces d’investissement », observe-t-il.
Sandro Ardizzone confirme également un dynamisme notable sur le marché des métaux précieux. De nouveaux clients, y compris des jeunes générations, viennent chercher l’or comme actif tangible dans un environnement de dématérialisation et de cryptomonnaies.
L’attrait pour l’or, considéré comme une valeur refuge, augmente surtout en période de tension géopolitique. Le récent accroissement des prix est lié à la situation entre les États-Unis et l’Europe concernant le Groenland.
Un facteur qui a aussi dynamisé le marché est l’annonce de l’entrée en vigueur d’une taxe sur les plus-values pour l’or le 1er janvier 2026. Certains ont procédé à des ventes en décembre 2025, précédant cette nouvelle législation. L’or d’investissement, comme les lingots ou les pièces, sera soumis à cette taxe de 10% sur la plus-value, avec une exemption de 10 000 euros par an.
À l’inverse, l’argent ne sera pas impacté par cette taxe sur les plus-values, étant assujetti à la TVA. Les bijoux contenant de l’or ne seront pas non plus taxés, car ils ne rentrent pas dans la catégorie des investissements.
Pour conclure, les acteurs du marché s’interrogent sur l’avenir de l’argent. Les experts estiment que l’argent pourrait surpasser l’or, étant donné sa raréfaction due à son utilisation dans l’industrie, notamment pour la transition énergétique. Il existe une certaine « peur de manquer » (FOMO) parmi ceux qui souhaitent investir dans l’argent après avoir manqué l’occasion avec l’or.
Enfin, ceux qui détiennent de l’argenterie héritée de leurs grands-parents doivent être prudents, car de nombreux clients découvrent souvent que leurs couverts ne sont que plaqués et n’ont donc que peu de valeur.

