« On peut clairement espérer une couverture vaccinale d’un an voire deux ans »

Face au ras-le-bol des plus jeunes, beaucoup s’interrogent, faut-il les vacciner en priorité ? Pour Yves Coppieters avant d’envisager de vacciner les moins de 18 ans, il faut déjà observer comment la situation évoluera une fois que les plus de 65 et les personnes à risque auront été vaccinées. « Qu’en sera-t-il de la circulation du virus ? A ce moment-là, on verra si les jeunes doivent contribuer ou non à cette vaccination« , explique-t-il. 

A ce sujet, certains s’inquiètent d’ailleurs des potentiels effets secondaires du vaccin chez les plus jeunes. Mais selon Jean-Michel Dogné, membre de l’Agence européenne des Médicaments également présent sur le plateau de la RTBF, il n’y aurait aucune raison de s’en faire. « Physiologiquement il n’y a rien à craindre. On a même observé que la réaction immunitaire était meilleure chez les plus jeunes par rapport aux adultes. Mais la priorité actuelle reste de vacciner la population à risque. Une fois que l’on aura plus de données sur l’efficacité et la sécurité des vaccins chez les plus jeunes alors on pourra l’envisager, mais toujours sur base volontaire« , explique-t-il. Il poursuit en tentant de rassurer toutes les personnes qui s’interrogent encore sur l’efficacité du vaccin. « Les premiers vaccins ont été étudiés en juillet dernier, cela fera donc bientôt un an que les participants aux études cliniques auront été vaccinés. Cela nous permet d’avoir du recul et on peut donc clairement espérer une couverture vaccinale d’un an voire deux ans, donc bien supérieure aux six mois prévus initialement« , affirme-t-il. Pour ce qui est de l’influence des nouveaux variants sur l’efficacité des vaccins, Jean-Michel Dogné reste prudent. « Des études sont en cours, nous verrons ce qu’elles nous apprendront ». 

Une reprise progressive de l’événementiel ?

Mais au-delà du besoin des plus jeunes de recouvrer une vie sociale, ce sont de nombreux secteurs qui sont encore aujourd’hui à l’arrêt et qui attendent désespérément des perspectives. C’est notamment le cas de la culture et de l’événementiel. Festivals et événements dans le genre pourront-ils se tenir cet été ? Face à cette question, Yves Coppieters est sur ses gardes mais n’exclût pas la tenue de certains rassemblements si la situation épidémiologique le permet. « Va-t-on arriver à une immunité suffisante dans la population, là est la question. Si la circulation du virus est très faible comme l’été dernier et qu’on arrive à maintenir cela dans le temps, alors on pourra envisager la reprise des activités sociales à l’extérieur et en les adaptant à des protocoles en fonction des variants« .

Selon l’épidémiologiste, le Coronapass pourrait être une solution pour nous octroyer plus de liberté dans le contexte actuel. « Je pense que c’est un outil intéressant en attendant une couverture vaccinale optimale dans la population. » Pour rappel, ce pass sera délivré soit si on est vacciné, soit si on a déjà contracté le coronavirus et qu’on possède donc des anticorps ou encore si on a passé un test dans les dernières 48h. Il garantira donc que l’individu en sa possession est sans risque de contamination du virus. « Selon moi ce pass ne doit pas être nécessaire pour aller au restaurant ou au théâtre, mais il trouve tout son sens dans le cadre d’événements de plus grande importance comme lors des concerts ou des foires. L’idée n’est pas de maintenir ce pass sur le long terme, c’est une solution intermédiaire qui nous permet de reprendre une vie sociale dans le contexte actuel« , poursuit-il. 

Sous peu, plusieurs événements tests de plus grande envergure vont d’ailleurs être organisés. Ces derniers nous permettront d’en apprendre énormément sur la marche à suivre lors des prochains mois comme le souligne Yves Coppieters. « Ces tests devront être encadrés avec un testing des participant avant et après l’événement, car se rassembler sans testing à l’heure actuelle c’est prendre un trop grand risque. On doit attendre les résultats de cette phase pilote et une fois que l’on aura ces données on pourra les utiliser pour d’autres événements. » 

L’épidémiologiste a ensuite conclu sa prise de parole en se réjouissant des chiffres actuels: « On espère que la diminution des transmissions va se poursuivre dans les prochaines semaines, c’est en tout cas une très bonne nouvelle.«