Belgique

Olivier Valentin du syndicat libéral critique les réformes du gouvernement.

Le syndicat libéral affirme que « la contestation dépasse largement les manifestants présents » et que de « nombreux travailleurs soutiennent les revendications sans pouvoir participer aux actions ». Olivier Valentin souligne qu' »aujourd’hui, quelqu’un qui vit de son travail est plus taxé que quelqu’un qui vit de ses revenus du capital ».


Au lendemain d’une nouvelle manifestation dans les rues de Bruxelles, le syndicat libéral rappelle qu’il « est progressiste » et « indépendant de tout parti politique ». Il affirme que la contestation dépasse largement les manifestants présents. « On a vu une très grande mobilisation hier, mais ça n’est qu’une petite partie du nombre de personnes qui ne sont pas d’accord avec les mesures prises par le gouvernement », explique Olivier Valentin.

Selon lui, de nombreux travailleurs soutiennent les revendications sans pouvoir participer aux actions. « Des affiliés nous disent : ce n’est pas parce que je ne suis pas à la manifestation que je suis d’accord avec les mesures. » Certains évoquent des contraintes financières, d’autres des difficultés organisationnelles ou la crainte de se mobiliser dans leur entreprise.

Le responsable syndical estime donc que la colère sociale ne se limite pas aux chiffres officiels de la manifestation. « Derrière cela, il y a d’autres personnes qui n’étaient pas là mais qui sont aussi préoccupées, qui sont aussi mécontentes par rapport aux mesures prises par ce gouvernement. »

### Pensions : des réformes jugées particulièrement pénalisantes

Parmi les dossiers qui cristallisent les critiques figure la réforme des pensions. Olivier Valentin affirme que ses effets concrets commencent seulement à être perçus par les travailleurs.

« Les citoyens se rendent compte de l’impact que ces mesures vont avoir pour eux et pour elles, surtout pour les femmes », souligne-t-il. Selon l’Invité de la Matinale, les nouvelles règles risquent de pénaliser particulièrement celles qui ont connu des carrières interrompues ou réduites.

> « Beaucoup de gens n’ont pas la possibilité ou la santé pour pouvoir travailler plus longtemps, » poursuit-il. « On leur dit que les règles de calcul changent en marche arrière et qu’elles devront partir plus tard que prévu. » Une situation difficile pour certains travailleurs en fin de carrière : « Beaucoup de gens n’ont pas la possibilité ou la santé pour pouvoir travailler plus longtemps. »

Pour le syndicat, la manifestation de jeudi était ainsi « l’expression d’un mécontentement et d’une colère » face à ces réformes.

### Légitimité syndicale face au pouvoir politique

La première légitimité démocratique, c’est le Parlement. Mais les organisations syndicales représentent plus de trois millions de personnes qui paient une cotisation chaque mois, rappelle-t-il. Cette représentation confère, selon lui, « une autre forme de légitimité démocratique ».

Les syndicats entendent donc continuer à porter les revendications de leurs affiliés. « Nous sommes là pour exprimer les demandes de millions de personnes et pour les négocier », insiste le responsable syndical.

### « Des alternatives existent », notamment sur la fiscalité

Face au discours gouvernemental selon lequel certaines réformes seraient incontournables, Olivier Valentin rejette l’idée d’une absence d’alternative.

> « Aujourd’hui, quelqu’un qui vit de son travail est plus taxé que quelqu’un qui vit de ses revenus du capital. » Aujourd’hui, on entend beaucoup l’acronyme TINA : There Is No Alternative. Nous pensons au contraire qu’il y a des alternatives », affirme-t-il. Le syndicat libéral plaide notamment pour une évolution de la fiscalité. Il évoque un système inspiré d’un modèle de taxation différenciée des revenus : « Aujourd’hui, quelqu’un qui vit de son travail est plus taxé que quelqu’un qui vit de ses revenus du capital. »

L’objectif serait, selon lui, de réduire la pression fiscale sur le travail tout en augmentant celle sur les revenus du capital. « Ce sont les épaules les plus larges qui doivent contribuer de manière équitable. »

### Une concertation sociale jugée fragilisée

Olivier Valentin regrette une dégradation de la concertation sociale entre syndicats, employeurs et gouvernement. Selon lui, le fonctionnement traditionnel est fragilisé lorsque les accords négociés ne sont pas appliqués. « Une des conditions pour que cela fonctionne, c’est que lorsque patrons et syndicats s’entendent, cet accord soit mis en œuvre par le gouvernement. »

> « Soit on respecte la concertation, soit on décide autrement. » Il cite notamment la question de l’indexation salariale. « Le gouvernement avait demandé une discussion sur l’indexation et quelques semaines plus tard, il décide de la limiter. Dans ce cas-là, soit on respecte la concertation, soit on décide autrement. »

Les organisations syndicales discutent actuellement de la suite à donner à la mobilisation. Pour Olivier Valentin, l’objectif reste clair : « expliquer nos alternatives et démontrer qu’une autre manière de faire de la politique est possible. »