Oeil sur demain : Oxygénation, préparation mentale et technologies sportives accessibles ?
Christian utilise pour la première fois un caisson hyperbare pour une heure, sous la supervision de Frédéric Dalem, afin de saturer son organisme en oxygène. Jacques Borlée, ancien coach des Belgian Tornados, a développé le concept Boost by Borlée pour rendre accessibles les méthodes de récupération liées au sport de haut niveau.
Christian utilise pour la première fois un caisson hyperbare. Il va passer une heure à l’intérieur de cette poche bleue étanche, où on lui injecte de l’oxygène sous pression, sous l’œil de Frédéric Dalem, son accompagnateur : « Donc le principe c’est qu’on augmente la pression. Cela simule une descente de cinq à six mètres de profondeur sous l’eau. On y reste pendant une petite heure et avec un apport d’oxygène, et l’objectif, c’est de saturer les globules rouges en oxygène et de faire passer l’excès d’oxygène dans le plasma sanguin. Cela sature vraiment l’organisme en oxygène. Ça permet aux mitochondries (les usines à énergie des cellules) de se développer pour fournir toute l’énergie qu’il faut. Et au niveau de ce qui est des pathologies comme un œdème, une inflammation, la pression a des effets physiologiques dessus ».
Ce traitement, qui était à l’origine médical et qui s’applique en cas d’intoxication au monoxyde de carbone ou après une remontée rapide à la surface pour les plongeurs, est utilisé par des sportifs depuis plusieurs années, comme Novak Djokovic à l’US Open en 2019. Cette méthode favorise la récupération après l’effort et l’amélioration des performances.
Dans les bâtiments du LégiaPark de Liège, qui collabore avec le centre Boost by Borlée, Christian, un élagueur grimpeur, bénéficie de cette pratique. « J’ai un passé de blessures liées essentiellement à mon activité professionnelle qui est assez physique et quelques accidents à mon compteur. On m’a dit que ça pourrait m’être bénéfique ».
Jacques Borlée, ancien entraîneur des Belgian Tornados, dirige cette initiative. L’idée est d’exploiter les techniques du sport de haut niveau pour améliorer le confort, la convalescence, et les performances de clients ou de patients ordinaires. « C’est pour les gens stressés, ceux qui ont des problèmes de sommeil ou des problèmes d’œdème. On récupère beaucoup plus vite avec le système hyperbare, sur les contractures, sur les entorses, sur les problèmes de prostate, j’en passe et des meilleures. Et donc on a vraiment des résultats assez exceptionnels. On a envie de rendre ça accessible à tous ».
Plusieurs méthodes permettent d’atteindre ces résultats, comme une séance de vélo sous oxygène, courante chez les athlètes. « Si vous avez l’occasion de faire une activité physique régulière, faites-le, c’est toujours la meilleure chose à faire », souligne Costantino Balestra, professeur de Physiologie à la Haute école Bruxelles Brabant. « Si vous n’avez pas l’occasion de le faire, on peut donner des adjuvants qui vous aideront à obtenir les mêmes résultats en moins de temps. Mais le but de base, c’est de se bouger. Une séance sur le vélo avec cet apport oxygéné, c’est comme si vous faisiez une activité plus intense, sans augmenter la charge mécanique, sans les effets délétères sur une blessure par exemple ».
L’objectif n’est pas de remplacer l’activité physique nécessaire à la santé de chacun, mais d’exploiter les pratiques du haut niveau. Certaines techniques se concentrent sur le développement physique optimal ainsi que sur la préparation mentale.
Certains athlètes utilisent des stimulateurs cérébraux de rythme alpha, favorables à la détente et à la relaxation. Ces dispositifs augmentent la concentration et aident à la relaxation pour des fins sportives. Leur utilisation est désormais étendue à des raisons de santé mentale. « Pour des patients tout-venant qui ont des troubles à la fois psychiatriques, psychologiques, des problèmes de burn-out, des problèmes de dépression. Les systèmes comme celui-là vont permettre de retrouver un rythme cérébral propice en augmentant l’intensité de ces ondes alpha », explique Guy Cheron, professeur de Physiologie à l’ULB.
« On peut l’étendre à tout le monde, c’est ça qui est intéressant ». Guy Cheron met également en avant les avancées technologiques dans le sport. Les innovations mises au point en Formule 1 sont régulièrement appliquées à l’automobile. « Ce sont des athlètes qui sont performants, au top dans leur discipline et dans la gestion de leur corps, et ils portent le développement de ces nouvelles technologies avec eux. Et puis on peut l’étendre à tout le monde, c’est ça qui est intéressant ».
Le domaine du sport de haut niveau continue donc de développer des techniques de pointe qui pourront, demain, bénéficier à tous.

