Numéros Inami : les étudiants lancent une pétition pour s’opposer au projet de loi de Frank Vandenbroucke

Plusieurs organisations étudiantes ont lancé une pétition afin de s’opposer au projet de loi de Frank Vandenbroucke concernant les numéros Inami. Ce qui les inquiète particulièrement est l’article 69 du projet de loi du ministre de la Santé qui empêcherait les jeunes diplômés d’obtenir leur numéro Inami, indispensable pour pratiquer la médecine. D’après la ministre Glatigny,les diplômés en médecine de 2022 et 2023 pourront exercer, mais le doute plane pour les suivants.

« Un étudiant francophone sur deux pourrait ne pas obtenir de numéro Inami et ne serait pas autorisé à exercer », mettent en garde les organisations étudiantes.

En janvier dernier, Valérie Glatigny, la ministre de l’Enseignement avait réaffirmé ses priorités au fédéral, « dont un nombre de praticiens conforme aux besoins objectifs de la population et un numéro Inami pour tous les étudiants inscrits dans le cursus d’études ». Depuis, d’autres rencontres ont eu lieu, mais aucun accord n’a encore été trouvé.

« Le ministre Vandenbroucke maintient la politique de contingentement qui, dans un contexte de crise sanitaire et de pénurie, tient de l’absurde », déplorent les organisations étudiantes. « Plus que jamais, le pays a besoin de professionnels formés en nombre pour faire face notamment au vieillissement de la population, à la multiplication des maladies chroniques et pour renforcer la première ligne de soins, garante de la bonne santé de la population. »

Au moment d’écrire ces lignes, la pétition lancée par la Fédération des étudiants francophones (FEF), le Comité interuniversitaire des étudiants en médecine (CIUM), l’AGL et l’AGW (UCLouvain) et l’ORE (UMons), avait déjà récolté 5.000 signatures.

Quel est le système de numéros Inami actuel et que veut Vandenbroucke ?

Adopté début décembre en commission de la Santé, le projet de loi de Frank Vandenbroucke vise à durcir le filtre d’accès aux études de médecine. Par ce projet, le ministre de la Santé souhaite mieux faire correspondre le nombre de numéros Inami avec le nombre de diplômés en médecine.

Pour rappel, c’est le fédéral qui fixe le nombre de numéros Inami disponible chaque année en Belgique. Etant donné que le nombre de numéros est restreint, les Communautés du pays ont choisi différentes façons de limiter le nombre d’étudiants. En Flandre, un concours d’entrée mis en place depuis 2018 ne donne accès aux études qu’à un nombre limité d’étudiants. En Fédération Wallonie-Bruxelles, en revanche, tous les étudiants qui réussissent l’examen d’entrée peuvent commencer les études. Du coup, chaque année, il y a plus d’étudiants diplômés que de numéros Inami disponibles, ce dont Frank Vandenbroucke ne veut plus.