« N’ont-ils tiré aucune leçon? », « Une injure aux parlementaires » : des tensions éclatent dans la dernière ligne droite de la commission Covid

Après avoir procédé à 41 auditions, les députés travaillent depuis un mois à huis clos, et avec quatre experts, sur l’élaboration du rapport et des recommandations. Vendredi, les partis de la Vivaldi sont venus avec une proposition de recommandations, ce qui a fait bondir l’opposition.

« Le gouvernement Vivaldi a fait des recommandations en coulisse avec des éléments de l’accord du gouvernement. N’ont-ils tiré aucune leçon? Les 41 auditions n’ont-elles servi à rien? », s’est interrogée Sofie Merckx (PTB) sur Twitter. « Cette façon de travailler est totalement irrespectueuse envers toute personne touchée par cette crise », a renchéri Kathleen Depoorter (N-VA) dans un communiqué. Selon sa collègue nationaliste Frieda Gijbels, « cette coalition est trop fragile pour débattre ouvertement des recommandations. »

« Je suis étonné que certains feignent de découvrir que les parlementaires parlementent », a réagi Patrick Prévot (PS). « Certains attendaient pour mettre en cause la neutralité des travaux. C’est une injure aux parlementaires et à leurs collaborateurs qui ont travaillé des centaines d’heures ». Selon le député de la majorité, cette proposition a été élaborée « de manière tout à fait transparente ». « C’était une pièce à casser, qu’on pouvait amender jusqu’à la moindre virgule. » Selon M. Prévot, le texte proposé était en outre largement inspiré du travail des experts.

« Ils trahissent la vérité », a renchéri le président de la commission Robby De Caluwé (Open Vld). « Bien sûr, nous avons des recommandations, également en majorité. Et nous voulons intégrer des propositions constructives de l’opposition. Mais aujourd’hui ils se sont montrés peu disposés à le faire. C’est dommage qu’ils n’aient pas voulu mener le débat sur le fond aujourd’hui. Ils auraient vu que nous sommes ouverts aux propositions de l’opposition. »

Et le libéral d’ajouter: « j’ai maintenant, en tant que président, été chargé d’élaborer un texte de base inspiré de toutes les propositions pour lesquelles il peut y avoir une majorité. C’est donc un texte sur la base duquel nous débattrons en commission, pas un texte à prendre ou à laisser de côté. » Cette nouvelle proposition devrait être sur la table dès vendredi prochain.

La N-VA a accepté de travailler dans ce contexte, mais « c’est la dernière chance pour la majorité. Il doit vraiment y avoir de la place pour un débat honnête », ont averti les nationalistes flamands.

De son côté, le Vlaams Belang a claqué la porte et a indiqué qu’il viendra avec « un rapport alternatif ».