Non, un député socialiste ne gagne pas le double de Charles Michel (Mise à jour)

Ce vendredi matin, la Cour des comptes publiait sa traditionnelle liste des mandats et autres fonctions ou postes des mandataires publics. Les chiffres utilisés concernent l’année 2018. Dans cette liste, on pouvait constater que 186 mandataires étaient en défaut. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas remis la liste complète de leurs fonctions ou de leur patrimoine. Mais l’on pouvait surtout constater que certaines personnes gagnaient largement plus… que le Premier ministre de l’époque, Charles Michel, qui avait pour sa part gagné 257 089 euros brut.

Des chiffres qui ont valu plusieurs réactions. Un porte-parole du PS nous a directement contactés pour signaler ce qui lui semblait une erreur à propos d’un mandataire qui aurait gagné plus du double de Charles Michel.

Le mandataire en question ? Francis Collot (PS), qui est, entre autres, échevin de la commune de Gesves. Certes, il cumule une dizaine de mandats, mais tous ne sont évidemment pas rémunérés. Selon les chiffres de la Cour des comptes, il aurait empoché, en 2018, 604 000 euros, dont environ 600 000 pour son poste d’employé à l’Inasep, une intercommunale namuroise. Ça semble beaucoup. Cathy Van Poucke, la personne de contact pour ce qui est des publications fédérales de la Cour des comptes, nous assure que “s’il y a une erreur, elle doit provenir des montants communiqués par les personnes en question. La Cour des comptes ne peut pas commenter les chiffres individuellement”.

“Si seulement ça pouvait être vrai”

Contacté par nos collègues de la DH, Francis Collot répond : “Si seulement ça pouvait être vrai… Mais il doit y avoir un zéro de trop. Mes revenus privés et publics sont de l’ordre de 50 000 euros par an. Je ne sais pas où ils sont allés pêcher ces chiffres. Tous mes mandats sont déclarés, je n’ai aucun revenu caché”.

Force est de constater que cela semble beaucoup. Le journal Le Soir a d’ailleurs relevé d’autres erreurs dans la liste, dont le cas d’une infirmière qui aurait empoché près de 700 000 euros.

L’erreur vient peut-être de l’encodage de la part des personnes, mais dans tous les cas, le mal est fait, les chiffres sont discrédités, même si certains sont probablement corrects.

Un coup dans l’eau pour la Cour des comptes, qui aurait pu être lourd de conséquences pour certains, alors qu’elle voulait justement apporter plus de clarté cette année sur les représentants publics, puisque c’était la première fois qu’elle publiait cette liste des mandats et fonctions avec les rémunérations complètes qui y sont liées. Traditionnellement publiées en août, une modification législative prise sous la précédente législature avait d’ailleurs repoussé la date limite des déclarations du 1er avril au 1er octobre. D’où la publication seulement ce 14 février. Les mandataires concernés par les erreurs ont évidemment la possibilité de les signaler et les faire corriger.

Si la démarche est belle, le pas en avant vers plus de transparence des mandataires louable, on peut dire que la Cour des comptes a essuyé les plâtres cette année. Reste à voir combien de temps cela prendra pour corriger les erreurs et ce que cela va donner l’année prochaine. Rendez-vous en février 2021.