Nathan Clumeck: « Dans le contexte actuel, le CST n’est plus d’aucune utilité »

En ce jour de Codeco, l’heure est aux assouplissements. En effet, le gouvernement a déjà convenu d’un accord pour passer du code rouge au code orange. Ce qui signifie notamment qu’il n’y aura plus d’heure de fermeture pour les bars et les restaurants. Pourtant, tous les indicateurs ne correspondent pas aux différents critères établis lorsque le baromètre a été mis en place voici quelques semaines. Le gouvernement va-t-il trop vite en besogne?

« Non je ne pense pas », rétorque Nathan Clumeck, professeur émérite en maladies infectieuses à l’ULB. « On observe que la courbe a amorcé sa descente, comme dans beaucoup de pays. Elle est symbolisée par une diminution des hospitalisations et une stabilisation, voire une diminution, des personnes admises en soins intensifs. Tout va donc vers un reflux de la vague épidémique. Dans ce contexte, il est normal que certains assouplissements aient lieu. »

Également sur la table: l’ouverture des boîtes de nuit. Pour Carl de Moncharline, patron de bars, les différents établissements sont prêts. Ils n’attendent même que ça. « La réouverture se fera de façon consciencieuse. Comme nous l’avons toujours fait depuis le début de la crise », souligne-t-il. Pour rouvrir, le secteur a dû répondre à certaines demandes ces derniers mois. « La dernière en date concernait les autotests. Nous l’avions respectée. En principe tout le monde était donc non contaminant pour les autres. Mais nous avions tout de même dû fermer une semaine plus tard’, regrette cette figure de la fête à Bruxelles.

« Le CST a été une grave erreur »

Durant cet entretien, il a également été question du CST. Pour Carl de Moncharline, cet outil n’a jamais été efficace. « Je n’ai aucun problème à me déjuger si j’ai fait une erreur », commence-t-il. « Si un DJ est mauvais, j’en prends un autre. Lorsque tout le monde dit, en ce compris la presse, le monde médical, nos confrères qu’il existe une fuite de gaz si je puis dire, on réagit pour résoudre le problème. Maintenir ce CST alors que son efficacité n’était pas prouvée a été une grave erreur. Contrairement aux autotests, qui étaient plus efficaces, il ne permettait pas au virus de circuler. »

Dès lors que faire pour remédier à la situation? « Ce que nous voulons, ce sont des mesures intelligentes qui empêchent les Belges de se retrouver en soins intensifs. Le CST ne fait pas partie de ces mesures intelligentes. Ce système a eu des conséquences directes sur la santé des êtres humains. »

Nathan Clumeck a tenu à remettre un peu l’arrivée du CST dans son contexte. « Quel était son objectif? », questionne-t-il. « Il a été instauré à un moment où l’on pensait que le vaccin protégeait de la maladie, mais aussi de la transmission. Avec ce paramètre, il était assez logique d’imaginer un tel système car nous allions nous retrouver entre personnes qui ont eu la maladie ou on été vaccinés ou testées. »

Problème: Omicron et Delta ont prouvé que le vaccin ne protégeait pas des transmissions. Le premier cité a surtout démontré que ce variant était moins virulents pour les humains. « Forcément, vu que, malgré le vaccin, le virus se transmet facilement, son utilité est fortement amoindrie. La question est de savoir qui voulons-nous protéger? Les jeunes qui vont de toute façon se voir sans CST lors de soirées ou dans des bars? Non, nous devons protéger absolument les plus vulnérables. Dans ce contexte, le CST n’est plus d’aucune utilité. Le port d’un masque FFP2 est un moyen encore plus sur pour se protéger par exemple. »