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Municipales en France : suspense pour la mairie de Paris avec Grégoire, Dati, Chikirou, Bournazel et Knafo.

Emmanuel Grégoire, député de Paris, a obtenu 37,98% des voix lors du premier tour, devançant Rachida Dati, qui a réalisé 25,46%. Trois candidats, Sophia Chikirou (11,72%), Pierre-Yves Bournazel (11,34%) et Sarah Knafo (10,40%), sont qualifiés pour le second tour.


Emmanuel Grégoire, député de Paris, a terminé en tête du premier tour dimanche soir avec 37,98% des voix, dépassant de plus de douze points l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati avec 25,46%, qui a obtenu un score moins élevé que prévu. La droite espère néanmoins renverser la capitale française de deux millions d’habitants, dirigée par la gauche depuis 25 ans.

Trois autres candidats participeront au second tour dimanche : Sophia Chikirou, du parti de gauche radicale La France insoumise (11,72%), Pierre-Yves Bournazel, du centre-droit (11,34%), et Sarah Knafo, de l’extrême droite, qualifiée in extremis avec 10,40% des voix. Ces trois candidats seront au centre des négociations qui devront s’achever avant mardi soir, date limite pour le dépôt des listes pour le 22 mars.

À Paris, la question des alliances à droite est cruciale et pourrait servir de test pour la présidentielle de 2027. Pierre-Yves Bournazel, membre du parti de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe, qui est déjà candidat à la présidentielle de 2027, est également soutenu par le parti du président Emmanuel Macron. Son camp l’encourage à s’allier avec Rachida Dati, qui lui a proposé une fusion de listes. « Rien n'[est] acté à date », a indiqué lundi l’entourage de Pierre-Yves Bournazel à l’AFP, en précisant que Rachida Dati devait « encore s’engager sur le refus des extrêmes », en référence à toute alliance avec l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo. D’après un cadre macroniste, Emmanuel Macron, en faveur de la fusion Dati-Bournazel, a contacté dimanche soir Rachida Dati et Édouard Philippe. Pierre-Yves Bournazel doit s’exprimer « dans la journée ».

Sarah Knafo, qui a obtenu un score bien en deçà des prévisions des sondages, a proposé lundi à la candidate de droite d’accepter sa « main tendue » pour établir une alliance raisonnée en vue du second tour. Interrogée régulièrement sur une possible alliance avec Sarah Knafo, Rachida Dati répond toujours qu’elle aurait plus à perdre qu’à y gagner, ce qui pourrait entraîner une fuite des électeurs du centre-droit. La surprise de ce premier tour provient également de l’Insoumise et députée de Paris Sophia Chikirou, qui s’est classée troisième. Ce score reflète également la montée de son parti, qui a fait une percée dans plusieurs villes françaises. Sophia Chikirou a annoncé, sans surprise, qu’elle se maintiendrait au second tour si Pierre-Emmanuel Grégoire refusait une fusion.

Emmanuel Grégoire a quant à lui toujours rejeté toute alliance avec LFI. Un élu du camp du député PS a confirmé lundi à l’AFP qu' »aucune discussion n’était sur la table ni aucune fusion ». La campagne électorale parisienne a été jalonnée de multiples accusations, en partie liées aux affaires de violences sexuelles dans le périscolaire, les principaux candidats pointant la responsabilité de la majorité sortante.

Parmi les autres thèmes abordés : le logement, alors que Paris, comme de nombreuses capitales, fait face à une crise du logement, avec des loyers en constante hausse et une offre locative qui se raréfie, près d’un logement sur cinq étant vacant. D’autres enjeux incluent la mobilité, un des axes majeurs du bilan des douze ans de mandat d’Anne Hidalgo, qui a favorisé la végétalisation, la piétonnisation et le développement de pistes cyclables dans la ville, la plus dense d’Europe, ainsi que la sécurité et la propreté. Dans une ville où 71% des Parisiens se sont déclarés en 2025 insatisfaits du bilan de la maire sortante sur ce point, la situation de Rachida Dati, qui sera jugée du 16 au 28 septembre pour corruption et trafic d’influence, a également suscité des débats. Elle conteste ces accusations, mais celles-ci pourraient lui valoir des peines allant jusqu’à dix ans de prison et cinq ans d’inéligibilité.