Mort d’Alex Pretti à Minneapolis : la réponse fragile du contre-pouvoir fédéré
En cinq secondes, dix coups de feu ont été tirés, et Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, était étendu sur les dalles glacées d’un trottoir de Minneapolis, son thorax ne se soulevant plus. L’administration MAGA affirme qu’il tenait une arme, tandis que les vidéos montrent qu’il tenait son téléphone et filmait.
En cinq secondes, dix coups de feu ont été tirés. Dix coups de feu en cinq secondes, c’est beaucoup. Au milieu du bruit des balles, on entend les témoins crier, depuis leurs entrailles, de cesser le feu.
Il est important de noter qu’Alex Pretti était étendu sur le sol froid d’un trottoir de Minneapolis. Son thorax ne se soulevait plus. Cinq secondes plus tôt, il était encore vivant. Son cœur battait sous sa barbe et sa casquette.
Âgé de 37 ans, Alex Pretti était infirmier dans un service de soins intensifs. À l’hôpital, il s’occupait des anciens combattants. Selon l’administration MAGA, il tenait une arme dans sa main. Cependant, les vidéos montrent qu’il tenait son téléphone pour filmer.
**Nouvelle mobilisation aux États-Unis contre l’ICE, six ans après la mort de George Floyd**
Il y a presque six ans, George Floyd est mort étouffé par le poids d’un policier, sur un autre trottoir de Minneapolis. Sa mort, filmée, avait provoqué une colère généralisée en 2020.
Il y a une semaine, Renée Good, mère de famille, a été tuée par une balle tirée par des agents de l’ICE. Sa mort, elle aussi filmée, a suscité l’indignation.
C’est en raison de ces événements qu’Alex Pretti est sorti manifester ce week-end. À cause des milliers de vidéos montrant des pères et des mères expulsés de leurs voitures, une arme automatique braquée sur leur torse. À cause des cris et de la panique des enfants. À cause de celles qui, à genoux et les mains liées dans le dos, crient qu’elles sont des citoyennes. Ceux qui, sans un mot, sont emmenés vers des centres de détention de l’ICE, où personne ne filme et où règne l’ignorance sur ce qui s’y passe.
**Droit de manifester : un rappel sur l’importance des entités fédérées**
Tout cela peut sembler éloigné de nous. Pourtant, deux points méritent d’être soulignés :
1. Manifester sa colère pour soi-même ou en soutien à autrui est un droit. En démocratie, chacun doit pouvoir critiquer l’autorité sans craindre de représailles. La mort d’Alex Pretti nous rappelle que cette liberté est un baromètre de l’autoritarisme.
2. Peut-être avez-vous entendu les réactions du maire de Minneapolis et du gouverneur du Minnesota, tous deux démocrates et choqués. Ils ont utilisé le terme « écœuré ». Des élus républicains du Minnesota ont, quant à eux, parlé de « meurtre ». L’État du Minnesota engage une action en justice contre les opérations des agents fédéraux de l’immigration.
Alors qu’une fois de plus, Bruxelles fait face à une impasse politique, cette situation de l’autre côté de l’Atlantique rappelle que dans une fédération, les entités locales sont également garantes de la démocratie. Les élus portent la voix de territoires et de populations spécifiques. Les entités fédérées renforcent l’État en le rendant divers. Elles peuvent jouer un rôle de contre-pouvoir au sein des institutions. Cela permet d’éviter un pouvoir monolithique, peu importe la coalition au pouvoir. Nos élus, en tant que leaders, doivent prendre soin de cela.

