« Mission accomplie »: voici ce que les forces spéciales belges ont accompli en Irak

Belgique

« Mission accomplie », a lancé mercredi le chef des opérations de l’armée belge, le général-major Johan Peeters, devant la presse pour résumer l’opération « Valiant Phoenix » (OVP). 

Celle-ci a été menée principalement par des membres du gro »upe des Forces spéciales (SFG) durant près de quatre ans en Irak pour entraîner et assister l’armée irakienne, parfois même au contact des djihadistes de l’Etat islamique, avant leur défaite. De janvier 2015 à fin novembre dernier, de 30 à 80 militaires belges ont, selon les périodes, été déployés en Irak (à Bagdad et dans les environs de Mossoul et d’Erbil), dans le nord du pays pour « entraîner, assister et accompagner » des unités irakiennes et des peshmergas (combattants kurdes) dans le cadre de l’opération « Inherent Resolve » (OIR). Rassemblant une soixantaine de pays et d’organisations, celle-ci était dirigée par les Etats-Unis pour défaire militairement l’Etat islamique, alias Daech selon son acronyme arabe.

Sur le terrain, treize pays seulement étaient présents, les Belges formant avec des forces spéciales néerlandaises le « Task Group 631 » jusqu’en avril 2018, date du retrait des Pays-Bas.

Ce détachement était, pour la partie belge, principalement composé de membres du SFG, avec le renfort d’autres unités et spécialités: des para-commandos pour la conduite de véhicules protégés contre les engins explosifs improvisés (IED), la logistique, les transmissions, le renseignement, des démineurs, et une équipe chirurgicale – un nouveau concept, baptisé SOST (pour « Special Operations Surgical Team »).

Selon le médecin colonel Bart Vanderheyden, cette équipe SOST a traité 2.591 patients et prodigué des soins à 360 blessés, dont 45 graves, principalement des militaires irakiens.

Mais elle a aussi aussi secouru trois journalistes français blessés en janvier 2017 dans l’explosion d’une mine à Mossoul en pleine bataille de reconquête de cette ville par l’armée irakienne, avec le soutien de la coalition internationale anti-Daech. Le fixeur irakien qui les accompagnait, Bakhtyiar Addad, avait été tué.

Des contacts « assez proches avec des djihadistes »

En 2017, les militaires belges ont largement quitté Bagdad pour « monter vers le nord » dans la région d’Erbil. Et en 2018, ils ont participé avec leurs collègues irakiens « aux opérations offensives » de libération du nord du pays, selon le commandant du SFG, le lieutenant-colonel Etienne Schmitz.

Cette mission était loin d’être sans risque, a confirmé un chef d’équipe du SFG, « Steve », à des journalistes, le visage masqué par un foulard. Celui-ci a effectué trois rotations de deux mois en Irak.

« Il a a des équipes de chez nous qui sont tombées au contact assez proche (avec des djihadistes). Ils ont fait usage de leur armement organique et puis ont fait appel à un support aérien », a ajouté « Steve ».

Le détachement belge d’OVP a en effet notamment aidé, avec ses spécialistes « Joint Terminal Attack Controllers » (JTAC), à guider des avions de combat de la coalition dans 113 frappes aériennes contre des cibles clairement identifiés comme étant « militaires de Daech », dont certaines effectuées par des F-16 belges, tout en essayant de réduire au maximum les dommages collatéraux.

Selon « Steve », la principale menace était la présence de nombreux engins explosifs improvisés (en jargon « Improvised Explosive Devices », IED), heureusement « pas trop sophistiqués ».

Quant au Service général du Renseignement et la Sécurité (SGRS), il a fourni des spécialistes qui ont notamment analysé des ordinateurs et des téléphones trouvés en zone de guerre et mené des « opérations secrètes » avec des agents « undercover », afin de traquer des « Foreign Terrorist Fighters » et d’identifier leurs réseaux, selon son chef, le lieutenant-général Claude Van De Voorde.

« On se retire partiellement d’Irak », a souligné mercredi le général Peeters, en expliquant qu’une demi-douzaine de militaires y resteraient déployés en 2019, soit dans le cadre de l’opération « Inherent Resolve », soit au sein de la mission d’entraînement que l’Otan a lancée pour aider à la formation des forces de sécurité irakiennes.

Une cellule CIM (« Civil Information Management ») composée de quatre militaires est aussi présente au sein du quartier général opérationnel d’OIR à Arifjan (Koweit), depuis le 1er novembre 2018 et pour une durée d’un an.