Michel Lelièvre, ancien complice de Marc Dutroux, sera libéré sous conditions quatre ans avant la fin de sa peine (Mise à jour)

L’ex-complice de Marc Dutroux doit trouver un logement endéans les six mois. Sinon, il ne sortira pas.

Le tribunal de l’application des peines (TAP) de Bruxelles a décidé, lundi après-midi, de libérer Michel Lelièvre (48 ans), ex-complice de Marc Dutroux, moyennant plusieurs conditions. L’intéressé avait été condamné, en juin 2004, à 25 ans de prison pour association de malfaiteurs, enlèvement d’enfants, séquestration et trafic de drogue.

Les faits pour lesquels il a été jugé devant la cour d’assises d’Arlon remontent à l’été 1995 mais n’ont été mis au jour qu’en août 1996, quand éclate “l’affaire Dutroux”. À l’époque, Michel Lelièvre, toxicomane de 24 ans, croise la route du prédateur. Le jeune paumé devient l’homme de main de Marc Dutroux, qui lui prête un logement et de l’argent et en fait son obligé.

Incarcéré depuis 1996

Michel Lelièvre sera reconnu coupable d’avoir aidé le psychopathe à enlever An et Eefje en 1995 à la côte belge (elles seront retrouvées mortes), ainsi que Sabine Dardenne (à Kain) et Laetitia Delhez (à Bertrix) l’été suivant. Les deux dernières victimes de la bande de Marc Dutroux ont pu être libérées vivantes de la cache de sa maison de Marcinelle, en août 1996. Julie Lejeune et Melissa Russo, disparues en juin 1995 à l’âge de 8 ans, n’ont pas eu cette chance. On découvrira leurs corps ainsi que ceux d’An et d’Eefje dans les jours qui ont suivi l’arrestation de Marc Dutroux, enterrés dans ses propriétés de Sars-la-Buissière et de Jumet.

Interpellé le 13 août 1996, Michel Lelièvre nie tout. Il est libéré avant d’être rattrapé le soir même sur le quai de la gare de Charleroi : il s’apprête à fuir en Slovaquie, où vit sa compagne. Il est incarcéré depuis ce jour-là, soit depuis plus de 23 ans. Michel Lelièvre, qui avait été précédemment condamné pour vols et usage de stupéfiants, était admissible depuis 2005 à la libération conditionnelle, qui lui a été refusée une première fois en 2011.

Larges interdictions géographiques

Lundi, le TAP de Bruxelles a donc accepté de le libérer quatre ans avant le “fond de peine” (prévu le 4 octobre 2023, date à laquelle il serait sorti sans plus aucun compte à rendre) à plusieurs conditions. La principale est de trouver un logement dans les six mois à venir. Michel Lelièvre a déjà tenté de trouver une adresse, en vain jusqu’ici, essuyant un refus dès qu’il mentionnait son identité, notamment dans les maisons d’accueil. Il envisage d’autres pistes, dans une grande ville où son anonymat serait plus facile à préserver.

Me Benjamine Bovy, l’avocate de Michel Lelièvre, précise que la sortie de prison de son client n’aura lieu que quand un bail immobilier sera signé. S’il ne réussit pas à le décrocher, la décision du TAP ne sera plus valable.

L’ancien comparse de Dutroux est par ailleurs interdit de se rendre dans certains quartiers du Brabant flamand, du Limbourg, du Hainaut, de Liège, du Luxembourg et de Bruxelles, zones où vivent ou travaillent victimes ou familles de celles qui n’ont pas survécu.