Mexique : émotion suscitée par la fusillade tuant 11 personnes au foot
Une fusillade survenue à Loma de Flores, dans l’État de Guanajuato, a fait onze morts, dont une femme et un mineur, et 10 blessés par balle. Parmi les personnes tuées, au moins cinq agents de sécurité chargés de la surveillance du tournoi étaient la cible de l’attaque.
Selon les premières enquêtes, un règlement de comptes entre deux groupes criminels pourrait être à l’origine de cette fusillade qui a fait onze morts, dont une femme et un mineur, ainsi que 10 blessés par balle, plongeant le petit village de Loma de Flores, dans l’État de Guanajuato (centre), dans le deuil et la colère.
Dimanche, alors que la journée touchait à sa fin, une manche d’un tournoi de football visant à éloigner les jeunes de la drogue et du crime organisé se déroulait sur le terrain de cette localité d’environ 2000 habitants.
Au moins trois camionnettes avec des hommes armés de fusils d’assaut ont fait irruption, a confié à l’AFP Norma Barron.
Elle se trouvait à Oaxaca (sud) pour la remise d’un corps à sa famille et n’a pas assisté au match, mais son fils, présent sur place, l’a appelée dès que la fusillade a commencé.
« Effrayé, il me dit + ils attaquent les gens, il y a plusieurs morts, nous sommes à l’abri + », a-t-elle déclaré lors d’une interview sur l’aire de jeux où des traces de sang sont toujours visibles dans l’herbe. Des bougies ont été allumées à la mémoire des défunts.
Les voisins et les familles des victimes ont rapporté que la fusillade avait duré entre 15 et 20 minutes.
Règlement de comptes
Parmi les personnes tuées, au moins cinq agents de sécurité, chargés de surveiller que les participants au tournoi n’étaient pas armés, ont été abattus.
Une source des services de sécurité fédéraux, ayant requis l’anonymat faute d’autorisation pour s’exprimer publiquement, a indiqué que ces agents étaient la cible de l’attaque car ils travaillaient pour une entreprise présumée liée au puissant Cartel Jalisco nueva generación (CJNG).
Les assaillants appartiendraient, selon cette source, au cartel Santa Rosa de Lima, rival du CJNG, qui se dispute avec lui le contrôle du vol de carburant, de la vente de drogue au détail et de l’extorsion dans cet État.
« Il y a une intention claire du cartel Santa Rosa de Lima de provoquer l’arrivée des forces fédérales dans la région afin d’entraver l’activité criminelle du cartel Jalisco », a expliqué à l’AFP David Saucedo, consultant en sécurité.
Il ne rejette pas l’idée d’un « impact » médiatique international quelques mois avant le début de la Coupe du monde de football 2026 au Mexique.
Le maire de Salamanca, César Prieto, a appelé la présidente de gauche Claudia Sheinbaum à renforcer la présence des forces fédérales.
La gouverneure d’opposition de Guanajuato, Libia Garcia, avait déjà annoncé lundi une « opération commune » entre les polices fédérale et locale.
Bien que Mme Sheinbaum se soit félicitée la semaine dernière d’un taux d’homicides au Mexique de 17,5 pour 100.000 habitants en 2025, le plus bas en une décennie, l’État de Guanajuato demeure l’un des plus violents du pays, avec un taux de 38,8 pour 100.000.
Le Mexique est confronté à une vague de violences qui a causé plus de 450.000 morts et plus de 100.000 disparus, selon les données officielles, depuis le début d’une opération militaire antidrogue en décembre 2006.

