Belgique

Mercosur : des secteurs belges et européens ne se réjouissent pas

À l’export, la chimie et la pharmacie représentent 30% des ventes vers le Mercosur et 54% vers le Brésil. L’accord de libre-échange prévoit de supprimer plus de 90% des droits de douane entre les deux blocs pour favoriser l’exportation de produits industriels européens.

Chimie et pharma : les poids lourds du commerce belge vers le Mercosur

Les secteurs de la chimie et de la pharmacie représentent une part importante des exportations belges, totalisant 30% des ventes vers le Mercosur et même 54% vers le Brésil. En suivant, on retrouve les produits minéraux, les machines et le matériel électrique, ainsi que l’agroalimentaire, avec une mention spéciale pour le malt et les frites. En effet, des tonnes de frites belges sont déjà expédiées vers les pays du Mercosur. Le Brésil est devenu le deuxième marché hors Union Européenne pour les frites belges, avec 81.000 tonnes exportées en un an et des ventes atteignant 111 millions d’euros en 2024.

Côté importations, la Belgique reçoit principalement des métaux précieux et des minerais, notamment du fer et de l’acier. Les produits comme le café et le jus d’orange proviennent du Brésil, tandis que l’Argentine exporte des tourteaux de soja, des viandes et des céréales.

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Que va changer l’accord de libre-échange ?

Le Mercosur souhaite intensifier ces échanges. Pour cela, l’accord prévoit d’éliminer plus de 90% des droits de douane entre les deux blocs afin de favoriser l’exportation de produits industriels européens tels que les voitures et les machines. En contrepartie, cet accord instaure des quotas d’importation préférentiels pour les produits agricoles en provenance d’Amérique du Sud.

Pour la Belgique, cela se traduit par la quasi-suppression des droits de douane dans des secteurs où le pays est compétitif à l’exportation, tels que la chimie, les plastiques, le chocolat, le textile et les sciences de la vie. L’accord facilite également l’accès à des matières premières critiques, essentielles pour l’industrie belge, en grande partie localisée en Flandre : 85% des exportations belges proviennent du nord du pays, où l’agro-industrie est prédominante.

Certaines filières européennes se frottent aussi les mains

Ce nouvel accord ouvre un marché de 270 millions de consommateurs. L’Europe, en tant que continent très industrialisé, pourra exporter des produits à forte valeur ajoutée. Le secteur automobile sera le principal bénéficiaire, avec des constructeurs européens déjà établis au Brésil et en Argentine qui verront disparaître des droits de douane pouvant atteindre 35%, favorable également aux PME sous-traitantes.

Les secteurs de la chimie et de la pharmacie, incluant des entreprises comme Solvay ou UCB en Belgique, en profiteront également.

Les services tels que les banques espagnoles et portugaises, les télécommunications et la grande distribution, notamment Carrefour qui considère le Brésil comme un marché stratégique, bénéficieront de cette ouverture.

La filière viticole en Europe sera également avantagée. 344 appellations seront désormais protégées, incluant le Champagne et le Prosecco, ainsi que des spécialités fromagères et charcutières, telles que le fromage de Herve, le Roquefort ou le jambon de Parme. L’utilisation du terme « feta » sera désormais réservée à un produit spécifique, empêchant l’appellation d’être utilisée pour tout fromage à base de brebis.

Donc, pour le vin et les spiritueux, des appellations protégées seront instaurées et des droits de douane seront supprimés, un avantage dans un marché viticole qui subit des droits de douane aux États-Unis et une baisse de la consommation en Chine.

La même tendance s’applique au secteur du luxe, incluant les parfums, la mode, et le chocolat.

Enfin, le secteur laitier sera également impacté avec l’exonération chaque année de 30.000 tonnes de fromage et 10.000 tonnes de poudre de lait.

En résumé, les principaux bénéficiaires de cet accord en Europe seront l’industrie et les services.

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