Mer Baltique : un navire saisi après des dégâts à un câble sous-marin
Quatorze membres d’équipage, originaires de Russie, de Géorgie, d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan, ont été placés en détention et seront interrogés, a indiqué Ilkka Koskimaki, commissaire de la police nationale. La police finlandaise a annoncé enquêter sur l’incident pour « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications ».
Quatorze membres d’équipage, originaires de Russie, de Géorgie, d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan, ont été placés en détention en vue d’interrogatoires, a annoncé Ilkka Koskimaki, commissaire de la police nationale, lors d’une conférence de presse. Robin Lardot, directeur du Bureau national d’enquête finlandais, a précisé qu’une enquête technique était en cours concernant le navire. La police est également en contact avec les autorités de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Le bateau est suspecté d’être « responsable des dégâts causés au câble« , qui appartient au groupe finlandais de télécommunications Elisa et se trouve dans la zone économique exclusive estonienne, selon un communiqué de la police. Elisa a affirmé que les dommages causés au câble n’avaient « en aucune façon affecté le fonctionnement » de ses services.
Le golfe de Finlande, partie intégrante de la mer Baltique, est bordé par l’Estonie, la Finlande et la Russie. Ces dernières années, les infrastructures énergétiques et de communication, y compris des câbles et pipelines sous-marins, ont été ciblées et endommagées en mer Baltique. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, plusieurs experts et responsables politiques considèrent les actes de sabotage de câbles comme un élément de la « guerre hybride » que mène la Russie contre les nations occidentales.
Tôt mercredi matin, le groupe de télécoms a détecté une anomalie sur son câble et a informé les autorités finlandaises. Un patrouilleur et un hélicoptère des garde-côtes finlandais ont localisé le navire suspect dans la zone économique exclusive de la Finlande. Sa chaîne d’ancre était à l’eau, a ajouté la police. Les garde-côtes ont ordonné au navire de s’arrêter, de relever son ancre, puis de se déplacer et de mouiller dans les eaux territoriales finlandaises.
La police finlandaise a lancé une enquête sur l’incident pour « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications« . Elle collabore avec plusieurs autorités, tant nationales qu’internationales, notamment estoniennes. Le procureur général adjoint Jukka Rappe a indiqué à Yle qu’il avait ordonné une enquête préliminaire sur l’affaire, confiée au Bureau national d’enquête finlandais. « Le cargo est soupçonné d’avoir sectionné le câble de données dans des circonstances où il apparaît désormais évident qu’un acte criminel est envisageable« , a-t-il expliqué, sans exclure la possibilité d’un accident. « La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires de toutes sortes et nous y répondons en conséquence », a assuré le président finlandais Alexander Stubb dans un communiqué diffusé mercredi sur X.
Le 25 décembre 2024, le pétrolier Eagle S, immatriculé aux îles Cook, avait sectionné cinq câbles sous-marins dans le golfe de Finlande après avoir traîné son ancre sur environ 90 kilomètres. En octobre, le tribunal de district d’Helsinki avait estimé qu’il n’était pas compétent pour juger les trois officiers supérieurs du navire, affirmant qu’il appartenait à l’État du pavillon du navire ou aux pays d’origine des accusés – la Géorgie et l’Inde – de les poursuivre.
Le parquet finlandais a fait appel de cette décision.

