Belgique

Maxime Prévot défend l’action des Affaires étrangères : « L’objectif n’est pas de ramener chaque Belge à Bruxelles »

Une trentaine de Belges coincés au Moyen-Orient vont pouvoir rentrer au pays ce mercredi soir grâce à l’aide du Luxembourg, mais plus de 2000 touristes sont toujours coincés sur place. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré : « Notre première vocation, en tant qu’État belge, n’est pas d’être une agence de voyages, mais de s’assurer de la sécurité de nos compatriotes. »


Une trentaine de Belges coincés au Moyen-Orient pourront rentrer au pays ce mercredi soir grâce à l’aide du Luxembourg, mais plus de 2000 touristes demeurent toujours sur place. Les autorités belges des Affaires étrangères ont annoncé qu’elles se préparaient à une opération de rapatriement dès vendredi, mais ces vols militaires ne permettront pas de ramener tous les voyageurs.

Certains touristes que nous avons joints, bloqués à Dubaï à la suite de la suspension du trafic aérien, affirment ne pas comprendre les consignes données par les autorités belges. « C’est assez surprenant car on s’attendait à un rapatriement pris en charge de A à Z, c’est-à-dire de Dubaï jusqu’à Bruxelles. Ici, c’est tout l’inverse puisque l’on nous propose un rapatriement morcelé avec plusieurs étapes fatigantes et longues, en plus à nos frais », a déploré Sophia Zine, une touriste belge actuellement à Dubaï.

Invité sur le plateau du journal télévisé mercredi soir, le ministre des Affaires étrangères a tenu à « remettre les choses en perspective ». « On parle de milliers de Belges actuellement coincés dans des pays sur lesquels des missiles sont en train de pleuvoir. Notre première vocation, en tant qu’État belge, n’est pas d’être une agence de voyages, mais de s’assurer de la sécurité de nos compatriotes. L’urgence est donc de les extraire de ces zones de conflit pour les ramener en lieu sûr. »

C’est pourquoi, en commençant par les Émirats arabes unis et le Qatar – où le nombre de citoyens belges est le plus élevé et le danger le plus présent – il leur est proposé d’être évacués vers les pays voisins par l’intermédiaire d’une rotation d’avions militaires qui s’installe progressivement. « Comme l’objectif est de mettre un maximum de Belges en sécurité, l’objectif n’est pas de prendre chacun par la main pour le ramener jusqu’à Bruxelles, jusqu’à leur boîte aux lettres, même si je peux comprendre leur fatigue », a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

« Il est évident que, si nous en avons la possibilité avec la Défense, nous explorerons les pistes pour pouvoir offrir des vols de retour. Mais, à ce stade, la volonté est qu’ils travaillent avec leur agence de voyages et leur compagnie aérienne. Chacun doit comprendre que la sécurité d’un maximum de Belges est la priorité », a-t-il insisté.

Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères a confirmé qu’un envoi de matériel ou d’hommes par la Belgique au Moyen-Orient n’est pas à exclure. « S’il devait y avoir une demande de nos alliés du Golfe en ce sens, on veillera à l’analyser avec beaucoup d’attention, en étant solidaire de la situation locale. Aujourd’hui, ce sont des pays du Golfe qui subissent, sans avoir rien fait ni rien demandé, des attaques totalement illégitimes de la part de l’Iran. Et l’on voit bien que la situation risque de s’embraser dans toute la Région. »

Une réunion entre les ministres des Affaires étrangères européens et des représentants des pays du Golfe se tiendra ce jeudi pour analyser la situation et déterminer quel soutien leur apporter. « Nous devons aujourd’hui, entre Européens, réagir de manière unie », a estimé Maxime Prévot.

Concernant l’intervention des États-Unis et d’Israël en Iran, le ministre fédéral a déclaré : « Nous sommes dans une situation où il faut que les exactions commises depuis des années par le régime iranien au mépris de son peuple et du droit international puissent trouver une fin. Nous avons cherché pendant des années à ce que la diplomatie puisse obtenir un résultat. Manifestement, elle était arrivée aux limites de ses possibilités. Les alliés, parmi lesquels se trouvent les États-Unis, peuvent tout à fait à un moment donné formuler une demande et nous l’analyserons à la lumière de nos possibilités. »