Belgique

Mathieu Pigasse : « Je protège l’indépendance, Bolloré ne la respecte pas »

Mathieu Pigasse a déclaré : « Je n’exclue rien » concernant une possible candidature à l’élection présidentielle de 2027. En ce début d’année 2026, il met en garde contre « le spectre de cette droite radicale gagnant en Europe de plus en plus », soulignant l’importance de répondre aux médias d’extrême droite.

« Je n’exclue rien« . C’est la réponse donnée par Mathieu Pigasse lorsqu’on l’interroge sur une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027. L’homme d’affaires français précise cependant : « Il est trop tôt pour dire ce que je ferai. Mais le combat est tellement important, à mon sens, en 2027 pour la France, qu’on ne peut pas rester les bras croisés et regarder ce qui se passe. Il y a une forme de choc civilisationnel et culturel en cours et il faut s’engager.

L’engagement : un concept qui n’est pas étranger à ce banquier, dirigeant d’un groupe de presse incluant « Le Monde », Radio Nova et Les Inrockuptibles. Depuis plusieurs années, il mène une bataille culturelle qu’il définit comme « une lutte pour imposer à travers les médias, quelle que soit leur forme, ses idées, ses valeurs, ses thèmes, ses expressions, ses mots, pour offrir son regard sur le monde. C’est, au fond, l’objectif de gagner la bataille des idées et des images, la bataille des imaginaires, afin de remporter la bataille électorale.« 

Pour ce faire, l’adversaire de Mathieu Pigasse est, selon lui, « la droite radicale qui mène cette bataille avec des médias très puissants, très coordonnés, très efficaces, qui distillent tout au long de la journée les mêmes obsessions et fantasmes » ajoute-t-il. Il prend l’exemple de CNews, qu’il ne considère pas comme une chaîne d’information ni d’opinion, mais comme une « organisation politique avec des studios.« 

Pas le Vincent Bolloré de gauche

Mathieu Pigasse se défend néanmoins d’être le Vincent Bolloré de gauche. « C’est une comparaison qui revient souvent et qui m’agace énormément. Tout nous oppose en matière de valeurs et d’idées » déclare-t-il. Il admet utiliser les mêmes outils que le milliardaire français, propriétaire d’Europe 1 et de CNews. Toutefois, il précise ne pas les employer de la même manière.

« Vincent Bolloré intervient constamment sur ses chaînes, sur ses médias et sur le contenu de ses émissions. Moi, je suis très attaché à l’indépendance des rédactions et nous avons mis en place des chartes et des textes garantissant cette indépendance. C’est donc une différence fondamentale dans notre rapport aux médias. Je la respecte et la protège, alors que lui, il la piétine » ajoute le responsable de Radio Nova et des Inrockuptibles.

« La seconde différence majeure réside dans notre rapport aux faits. Pour moi, le journalisme consiste à vérifier des faits. Lui, à travers ses médias, ne s’intéresse en aucun cas aux faits » ajoute le directeur de radio Nova et des Inrockuptibles.

« Ne jamais se résigner »

Au début de l’année 2026, Mathieu Pigasse évoque donc un danger, à savoir « le spectre grandissant de la droite radicale en Europe. Cela a des implications sérieuses pour nos libertés et droits. Ce qui alimente ce danger, ce sont, en effet, les médias. Il est donc crucial de réagir face à ces médias d’extrême droite et à cette bataille culturelle

Lors des dernières mesures d’audience radiophonique en France, Radio Nova a enregistré l’une des plus fortes augmentations de sa part d’audience. Cette station, qui accueille désormais l’humoriste Guillaume Meurice, dispose toutefois de peu d’émetteurs. « Cela prouve qu’il y a un besoin urgent d’entendre un discours différent et alternatif. Par conséquent, il ne faut jamais se résigner, tout n’est pas perdu » conclut Mathieu Pigasse.