Marie-Christine Marghem remontée contre Alexander De Croo à la Chambre: « Je ne sais pas qui j’ai en face de moi »

Ce jeudi à la Chambre, Marie-Christine Marghem a répondu à quelques questions au micro de nos confrères de LN24 pour l’émission « Les couloirs de la Chambre ». La députée fédérale au MR a posé une question ce jeudi au Premier ministre sur les négociations, dont on sait peu de chose à l’heure actuelle, à propos de la prolongation de deux réacteurs nucléaires. La députée n’attend plus grand chose de la part du Premier ministre, comme elle l’a expliqué: « Depuis le 18 mars dernier, date de la prise de décision du gouvernement de prolonger Doel 4 et Tihange 2, et sachant que le MR ne cesse de s’appuyer sur des tableaux déjà existants, je me rends compte que ça ne sert strictement à rien de s’attendre à quelque chose« . Selon la députée, ces études existent déjà et montrent que le besoin existe de prolonger plus que deux réacteurs. « Depuis le 18 mars, il n’y a rien de concret en terme de conclusions ou d’avancées dans le cadre des négociations avec Engie. Qui dit elle-même aujourd’hui lors de la présentation de ses résultats trimestriels que les négociations ont pris du retard« , a-t-elle poursuivi.

Très remontée, elle a expliqué que si Alexander De Croo le prétend, il y aura un accord au 31 décembre: « Il reste 51 jours à partir d’aujourd’hui, si on travaille tous les jours« . Mais Marie-Christine Marghem craint également que les négociateurs ne soient pas à la hauteur de la tâche et ne connaissent pas le dossier: « Le Premier ministre lui-même avait oublié qu’en tant que vice-premier dans le précédent gouvernement, il m’avait mandatée comme ministre de l’Energie, pour faire un cadre légal réformé des provisions nucléaires« , a-t-elle déclaré. C’est très précisément le point sur lequel ça bloque aujourd’hui. Alexander De Croo, lors de la séance plénière à la Chambre, a expliqué que les précédents gouvernements n’avaient rien fait à ce sujet.

« Je ne sais pas qui j’ai devant moi… Et si c’est lui qui négocie avec la ministre de l’Energie, qui, manifestement, et contrairement à ce que le Premier ministre prétend, ne connait pas le dossier« , a ajouté Marie-Christine Marghem, qui pense que nous aurons un problème si nous n’avons plus ces centrales nucléaires en 2026.

Pour la députée fédérale au MR, le problème est simple et elle se demande comment la Belgique va faire pour approvisionner les Belges en énergie électrique à partir de fin 2025.

Deux propositions de lois ont été déposées

Il est rare de voir une députée faisant partie de la majorité s’emporter autant à l’égard d’un Premier ministre et qui plus est, membre d’un parti politique frère (ici, l’Open VLD).

Pour Marie-Christine Marghem, ce comportement est justifié par les circonstances et elle pense que le Parlement devra se saisir du dossier: « C’est aussi la raison pour laquelle j’ai déposé deux propositions de loi. Une pour le prolongation de minimum cinq réacteurs, l’autre pour l’abrogation de la loi de 2003. Je les ai envoyées hier à tous les membres du Parlement, y compris à la minorité démocratique« , a-t-elle expliqué, affirmant que cela permettra de se positionner face au problème.

Toujours au micro de LN24, la députée a continué de faire part de son mécontentement, en expliquant que si le gouvernement actuel se rend responsable en 2026, 2027 et en 2028 d’un problème d’approvisionnement électrique, alors que la situation actuelle est déjà préoccupante avec des prix élevés, la situation sera tendue. « Si les difficultés de la population ne sont pas entendues, nous serons dans une situation très grave« , a-t-elle conclu.

Frédéric Chardon, journaliste politique à La Libre, a analysé ces propos virulents. « Je sais qu’Alexander De Croo déteste ce genre de comportement auquel on vient d’assister », a-t-il affirmé, avant de poursuivre: « Je ne veux pas dire si ce que dit madame Marghem est bien ou mal… Mais sur le plan politique, il ne supporte pas qu’un de ses partenaires du gouvernement, le MR en l’occurrence, le parti frère de l’OpenVld, prenne ses distances à ce point du gouvernement, dans un dossier qui est l’un des plus ‘pourris’ de cette législature ».