Manifestants à Liège contre Georges-Louis Bouchez : perquisitions et arrestations
Les perquisitions ont débuté lundi aux alentours de 5h00 au domicile des suspects. Neuf personnes ont été déférées devant le juge d’instruction en début d’après-midi pour des inculpations d’association de malfaiteurs, de rébellion en groupe et de coups et blessures.
(article complété à 19h35)
Les perquisitions ont commencé lundi vers 5h00 au domicile des suspects. « Il a été arrêté très tôt chez lui », a expliqué maître Antoine Moreau, l’avocat de l’un des manifestants. « Il a été entendu par les services de police suite à la manifestation qui a eu lieu à Liège le 18 septembre 2025. » Les services de police ont examiné les vidéos de la manifestation, ce qui a permis d’identifier plusieurs participants.
Des ordinateurs, des téléphones et des objets comme des notes personnelles ont été saisis. Les suspects ont été interrogés par les services de police, qui les ont « confrontés aux éléments du dossier et notamment aux images des vidéos sur lesquelles on leur a demandé de se reconnaître, éventuellement d’identifier d’autres personnes », a précisé l’avocat.
Des inculpations lourdes
Neuf personnes ont été présentées au juge d’instruction en début d’après-midi. Elles ont été inculpées d’association de malfaiteurs, de rébellion en groupe et de coups et blessures, notamment contre des personnalités politiques. Les coups et blessures peuvent concerner une simple « bousculade ». L’avocat souligne qu’une inculpation ne signifie pas une culpabilité établie.
Le client d’Antoine Moreau a été remis en liberté sous condition. Le juge d’instruction lui a imposé des mesures strictes, telles qu’un couvre-feu entre 21h30 et 6h30 du matin, l’obligation de répondre à toutes les convocations, de se soumettre à la guidance d’un assistant de justice, et de prouver qu’il travaille, recherche un emploi ou suit une formation. Ces conditions sont valables trois mois et renouvelables.
Choqués par la procédure
Des sympathisants du Front Antifasciste, présents devant le Palais de justice pour soutenir les personnes interrogées, se disent « choqués » par la procédure, qu’ils jugent « intimidante ». Ils rapportent que certains inculpés ont été suivis dans la rue puis interpellés, et qu’un autre a vu la police se rendre chez ses parents pour l’interroger.
Certains d’entre eux indiquent avoir reçu l’information que « les libérations conditionnelles » seraient « finies pour aujourd’hui », mais que des personnes « mises sous mandat seraient déjà montées à Lantin ». Nous n’avons pas pu vérifier cette information. Le conditionnel, ici, s’impose.
Retour sur la manifestation de septembre
Le 18 septembre, environ 400 manifestants s’étaient rassemblés devant l’université pour protester contre la présence de Georges-Louis Bouchez à l’occasion des trente ans du décès de Jean Gol. Des altercations, des jets de projectiles et des slogans hostiles avaient été observés. Le président du MR avait dû entrer par une porte dérobée. Plusieurs personnes avaient été mises en incapacité de travail suite aux incidents.
Nos appels au Parquet de Liège sont restés sans réponse.

