L’un des responsables de la Boum 2 raconte son interrogatoire : « Les forces de l’ordre réagissent plus mal qu’on avait imaginé » (Mise à jour)

L’homme en question s’appelle Dave Monfort. Gestionnaire du site l’Abîme, il se considère d’abord comme un artiste. Interrogé par nos confrères de la RTBF, il raconte le déroulé surprenant de son arrestation.

 » Je m’apprêtais à me rendre à la convocation au commissariat ce matin mais en sortant de chez moi je n’ai pas pu aller bien loin. Deux ‘Volvo’ de la police étaient devant chez moi et m’ont embarqué. Toute sirène hurlante, j’ai traversé les rues de Bruxelles pour finalement entrer discrètement dans le parking du commissariat et aucun journaliste ne s’est rendu compte de ma présence. On leur a probablement dit que je n’étais pas arrivé « , raconte-t-il après avoir répondu à des questions pendant cinq heures.

Accusé de gérer une milice privée et d’inciter à la violence

Arrivé au commissariat, le jeune homme se voit directement privé de téléphone.  » Mon avocat n’était pas encore arrivé et ils ont commencé par me confisquer mon téléphone. J’ai dû ensuite répondre durant cinq heures à une série de questions en relation avec des accusations de création d’une milice et d’incitation à la violence.  »

Les policiers ont démarré leur interrogatoire par une vidéo où Dave Monfort donnait des consignes aux manifestants.  » Dans cette vidéo, la personne qui filmait, moi-même en l’occurrence, appelait la police à retirer son genou de la nuque d’un des participants, ils ont considéré que c’était un appel à la violence, ainsi que le fait que je dise ‘reculez !’ aux manifestants, ils l’ont interprété comme une injonction adressée aux policiers « , explique-t-il à la RTBF.

Une vidéo d’un clip humoristique présente sur le site de l’Abîme aurait également été mal interprétée par la police, selon lui.  » Dans cette vidéo, on apparaissait avec des tenues accompagnées de cagoules et de gilets pare-balles avec le logo « l’Abîme ». Mais tout cela se passe dans une ambiance de fête avec un DJ, une table et plein de boissons avec deux personnes qui tapent sur un ordinateur, deux autres sur une moto, voilà c’est tout « . Ainsi remis dans son contexte, le sujet aurait été rapidement abordé.

« Ils réagissent plus mal qu’imaginé »

Alors que le collectif l’Abîme souhaitait entamer un dialogue avec les autorités compétentes , Dave Monfort n’a ressenti aucune envie du côté des forces de l’ordre.  » Il n’y a pas eu de dialogue , le traitement qu’on nous sert, c’est la démonstration qu’on voulait faire en fait. Ils réagissent plus mal qu’on avait imaginé, on joue un pion comme une partie d’échecs mais ils ont tellement mal joué que tout était en notre faveur, la communication de la ministre, la communication de la police, ils ont tout fait de travers « , estime-t-il.

Une autorisation de l’événement est toujours souhaitée

L’homme auditionné par les forces de l’ordre espère que l’événement du 1er mai au Bois de la Cambre , sera encadré.  » Si on laisse faire dans une ambiance bon enfant, cela peut vraiment bien se dérouler. Cela dépend d’eux en fait, les gens ne viennent pas au Bois de la Cambre pour jeter des cailloux ou s’en prendre à la police, personne ne vient pour ça. La seule solution est de donner l’autorisation et tout se passera bien . »

Des consignes pour la tenue de l’événement

Dave Monfort a insisté sur le bon déroulement et le respect de certaines consignes pour la fête qui aura lieu le 1er mai. « Ne rien laisser sur place. Ne pas compter sur les poubelles locales et prévoir de repartir avec tout ce qui a été amené, sans exception (mégots, mouchoirs, canettes, emballages, capotes, etc. » Une équipe de bénévoles est même annoncée pour organiser un nettoyage le lendemain.

Pour ce qui est de la confrontation avec les forces de l’ordre, les manifestants devront montrer leur volonté pacifique.  » Prouver que nous pouvons nous rassembler en extérieur, dans une ambiance festive, sans débordements et sans violence. Tout cela afin de pouvoir proposer de nous rassembler en extérieur dans une ambiance festive tous les week-end, dans tous les parcs », déclare-t-il avant d’ajouter « une fête à l’état naturel, sans aucune autre forme de résistance que la musique, la danse et notre joie de vivre « .

Par conséquent les manifestants sont invités à venir non pas avec des bouteilles en verre mais bien avec des gourdes et bouteille en plastique.