L’Ordre belge des géomètres-experts tire la sonnette d’alarme concernant le manque de relève

Le nombre d’étudiants géomètres-experts diplômés au niveau master est insuffisant pour assurer la relève de la profession en Belgique, a indiqué mercredi à Belga l’ASBL « Ordre belge des géomètres-experts » (OBGE). La branche liégeoise de l’OBGE – l’Association royale des géomètres-experts de Liège (ARGELg) – tirait la sonnette d’alarme ce mercredi par voie de communiqué. À l’issue de cette année, seulement cinq géomètres-experts du niveau master seront diplômés dans la Cité ardente. L’organisme prévoit un nombre encore plus bas pour l’année prochaine, avec quatre lauréats.

Contacté par Belga, le président de l’OBGE confirme la pénurie d’étudiants. « La situation est identique dans tout le pays. Je peux vous confirmer que les chiffres ne sont pas plus roses au niveau de l’ECAM, qui forme des ingénieurs géomètres à Bruxelles. Il y avait un étudiant diplômé en 2022 et ils ne seront sans doute que trois en 2023 », détaille Jean-Yves Pirlot.

Concrètement, pour accéder à la profession de géomètre-expert, il faut d’abord suivre un bachelier dans les branches dites « STEM » pour « Science, Technology, Engineering, and Mathematics », ou « sciences, technologie, ingénierie et mathématiques » en français. Une fois le bachelier en poche, les étudiantes et les étudiants peuvent alors se spécialiser pour devenir géomètre-expert. Ils sont environ 1.700 en Belgique et leur tâche consiste notamment à délimiter des propriétés immobilières tant bâties que non-bâties.

D’après M. Pirlot, « Il faudrait environ 400 diplômés par an en Belgique, dont 5 à 10% s’orienteraient vers la profession de géomètre-expert, les autres devenant des ingénieurs géomètres, géomaticiens ou autres titulaires de professions non-réglementées ». Une estimation bien loin de la réalité en ce qui concerne les géomètres-experts.

Lorsqu’on lui demande les raisons de cette « pénurie », M. Pirlot explique qu’il s’agit d’un domaine assez méconnu qui, par voie de conséquence, suscite peu de vocation.

« Nous mettons en place plusieurs initiatives pour essayer d’intéresser les jeunes à notre domaine, mais ça ne porte pas vraiment ses fruits pour l’instant. Pour tenter de pallier le problème, nous allons notamment suivre l’exemple de l’Allemagne qui a créé une bande dessinée à destination des plus petits. Nous allons la traduire et la distribuer à un plus jeune public. Ce sera peut-être plus efficace pour susciter des vocations que de passer dans les classes du secondaire où, bien souvent, les élèves sont plus âgés et ont déjà opté pour une certaine profession dans un coin de leur tête », note le président de l’OBGE.