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L’Iran prévoit un rétablissement « progressif » de l’accès à internet.

Dimanche matin à Téhéran, des journalistes de l’AFP ont pu accéder à l’internet mondial, bien que la majorité des fournisseurs d’accès restent bloqués. Au moins 3.428 morts manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de Iran Human Rights (IHR).


Dimanche matin à Téhéran, des journalistes de l’AFP ont réussi à accéder à l’internet mondial, malgré le blocage des principaux fournisseurs d’accès. Les raisons de cette connexion limitée n’étaient pas immédiatement claires. Les appels téléphoniques vers l’étranger ont été rétablis mardi, tandis que les échanges par SMS ont repris samedi.

« Les autorités compétentes ont annoncé que l’accès à internet serait également progressivement rétabli », a déclaré samedi soir l’agence Tasnim, sans fournir de précisions supplémentaires.

Citant une « source bien informée », l’agence a ajouté que les applications de messagerie locales seraient « bientôt activées » sur l’internet national iranien. L’Iran avait coupé, sans préavis et de manière inédite, toute communication le 8 janvier, alors que les appels à des manifestations antigouvernementales, initialement provoquées par la situation économique difficile, se multipliaient.

### Coupés du monde

Pendant plusieurs jours, les SMS et les appels internationaux, ainsi que parfois les appels locaux, ont été restreints. Les Iraniens ont cependant pu se connecter à leur internet national, qui permet le fonctionnement d’applications de taxi, de livraison et de services bancaires. La télévision d’État a depuis samedi promu des applications locales de messagerie, telles que Rubika, qui étaient largement indisponibles en début de semaine.

Les applications étrangères, comme Instagram, WhatsApp et Telegram, sont généralement les plus utilisées en Iran, malgré des restrictions nécessitant l’utilisation d’un VPN pour y accéder. Les manifestations, déclenchées le 28 décembre par des préoccupations concernant le coût de la vie et la chute de la monnaie nationale, sont considérées comme le plus grand défi au pouvoir iranien depuis les événements de 2022-2023 qui ont suivi la mort en détention de la jeune Iranienne Mahsa Amini.

Le calme serait largement revenu, selon les autorités, qui n’ont pas fourni de bilan précis du mouvement. Au moins 3.428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de Iran Human Rights (IHR). D’autres estimations font état de plus de 5.000 morts, voire jusqu’à 20.000, selon cette ONG norvégienne.

La chaîne d’opposition Iran International, implantée à l’étranger, signale qu’au moins 12.000 personnes ont été tuées, citant des hauts responsables gouvernementaux et des sources sécuritaires. Le pouvoir judiciaire iranien a catégoriquement rejeté ce chiffre. Selon les autorités, les manifestations initialement pacifiques ont dégénéré en « émeutes » et en actes de vandalisme, sous l’influence des États-Unis et d’Israël. Samedi, le guide suprême Ali Khamenei a évoqué des « milliers » de personnes tuées par des « agents » des deux pays.