L’imam de Molenbeek qui voulait « brûler des juifs » présente ses excuses

BelgiqueDans un communiqué diffusé ce jeudi soir, l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) a pris connaissance avec stupéfaction des propos de l’imam Mohamed Toujgani révélés par La Dernière Heure .

Dans une vidéo datant de 2009, l’imam incitait à « brûler les sionistes ». Mohamed Toujgani, de la mosquée al Khalil, située en plein cœur de Molenbeek, est entre-temps devenu le président de la Ligue des Imans de Belgique. 

Il va de soi, indique l’EMB , que celui-ci « condamne avec la plus grande fermeté de tels propos dont la virulence ne s’atténue pas alors même que le discours de l’imam a été prononcé il y a une dizaine d’années ». 

Les communautés juive et musulmane ont montré par le passé leur capacité à cohabiter dans la convivialité voire à s’inspirer mutuellement dans la créativité, poursuit le communiqué. « Certes, cette réalité historique peine à s’objectiver dans notre contexte socio-culturel fragilisé par des conflits au Moyen-Orient. Mais notre société regorge de dynamiques inédites jetant des ponts entre les communautés. »

Aussi, l’imam Toujgani a-t-il entre-temps soumis une missive à l’exécutif des musulmans de Belgique, dans laquelle il explique l’attitude qu’il a tenue et qui fut motivée selon lui par un contexte géopolitique critique.

Dans cette lettre, il tient à préciser que son propos étroit fut conditionné par la pression médiatique mais également et surtout la pression affective. Cela ne peut en aucun cas minimiser la violence des « propos tenus ». Il dit réaliser toute la peine que cela engendre au sein de la communauté juive.

Ainsi, l’imam Toujgani « présente ses plus humbles excuses à la communauté juive comme à toute personne froissée et indignée par ses propos. » Il affirme aussi avoir œuvré depuis des années dans le sens d’un discours ouvert sur l’altérité et le vivre-ensemble. 

L’Exécutif des Musulmans de Belgique tient toutefois à réaffirmer vivement sa condamnation de telles attitudes et de toute importation de conflits externes, de quelque nature qu’elles soient, « qui nuisent à notre cohésion sociale. »

« Tout fait similaire fera l’objet de la part de l’EMB d’un désaveu express et sans concession », conclut le communiqué.