L’ex-producteur de télévision Bart De Pauw réclame 12 millions à la VRT

Le procès au civil de l’ex-producteur de télévision Bart De Pauw contre la VRT a débuté lundi, devant le tribunal de première instance néerlandophone de Bruxelles, par les plaidoiries des parties qui ont chacune livré leur propre chronologie des événements.

Le producteur flamand reproche à la chaîne publique et son ancien CEO Paul Lembrechts d’avoir mis fin prématurément à son contrat en 2017, alors qu’il était soupçonné d’avoir harcelé sexuellement plusieurs femmes. Pour les avocats de M. De Pauw, la VRT ne disposait que de très peu d’éléments lorsqu’elle a décidé de mettre fin à sa collaboration avec leur client, et a commis plusieurs fautes donnant droit à réparation. L’ancien producteur de télévision, sa compagne, ses enfants et sa société réclament ainsi 12 millions d’euros au média de service public.

La chaîne publique néerlandophone se sent, elle, confortée dans sa position par la condamnation au pénal du producteur. Le 25 novembre, le tribunal correctionnel de Malines a en effet condamné le quinquagénaire à six mois de prison avec sursis pour harcèlement envers cinq femmes. Ce jugement est définitif, Bart De Pauw n’ayant pas fait appel.

Une chronologie importante

La chronologie des faits est cruciale dans cette affaire. La VRT a décidé le 2 novembre de mettre fin au contrat qui la liait à M. De Pauw. Selon les avocats de l’acteur, c’est une décision sans fondement juridique, prise sans que la chaîne n’ait mené d’enquête interne solide sur les faits reprochés à leur client, ont-ils ajouté lundi devant le tribunal. Mais, d’après la VRT, la décision définitive d’exclure le plaignant n’est intervenue que le 8 novembre, après qu’il eut été entendu sur les plaintes qui le visaient.

Les conseils de Bart De Pauw ont pointé des « propos délibérément mensongers » et diffamatoires tenus par l’ex-CEO de la VRT dans une interview à la radio. Paul Lembrechts y dénonçait l’envoi, par le producteur à ses victimes, de centaines de SMS, dont certains « à caractère explicitement sexuel voire pornographique ». Pour le plaignant, la VRT ne disposait pas d’éléments en ce sens au moment de l’interview. De tels messages ont effectivement émergé au cours du procès pénal et les plaintes soumises au radiodiffuseur en faisaient aussi mention, a contre-attaqué la défense.