L’Etat belge condamné pour une légende du Musée royal d’Afrique centrale

L’Etat belge a été condamné ce vendredi par le Tribunal de première Instance de Bruxelles dans l’affaire qui l’opposait des associations qui représentent plusieurs centaines de para-commandos.

Pour rappel, sept associations représentant d’anciens para-commandos et officiers ayant servi en Afrique se sentaient blessés par la légende apposée à une statue du musée de Tervuren. L’image superposée à la statue représente un militaire en arme et est explicitée par le texte « Un para-commando belge à Stanleyville en 1964, lors de l’écrasement des rebelles Simba. L’indépendance formelle du Congo en 1960 est loin d’avoir sonné le glas des interventions étrangères« . C’est cette phrase qui parait « particulièrement tendancieuse et offusquante » aux yeux des sept associations. Selon elles, l’opération effectuée à l’époque avait un but humanitaire, et non militaire. Ils refusaient par là qu’elle soit qualifiée d’écrasement.

La justice a donné raison aux anciens para. Le tribunal estime qu’associer directement l’opération réalisée en novembre 1964 à « l’écrasement », à la répression de la rébellion Simba « porte atteinte de manière disproportionnée à l’image et à la réputation »des para-commandos. L’Etat belge devra retirer le dispositif d’ici deux semaines, sous peine d’une astreinte de 5000 euros par jour de retard. « L’ensemble des documents présentés par les deux parties démontre à quel point le discours postcolonial doit être nuancé et subtil pour remettre la vérité au cœur du propos historique sur la question coloniale », précise par ailleurs le tribunal dans son arrêt.