L’escroc Stéphane Bleus, le Madoff belge, prend quatre ans avec sursis

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné jeudi matin Stéphane Bleus à une peine de quatre ans de prison avec sursis pour une vaste escroquerie. Surnommé le « Madoff belge », il avait mis en place une « pyramide de Ponzi ». Il avait convaincu, dès 2004, de nombreuses personnes rencontrées dans des milieux catholiques, artistiques et aristocratiques belges, d’investir leurs économies via ses sociétés. Or, aucune somme n’était en réalité investie.

Stéphane Bleus a été condamné à une peine de quatre ans de prison, avec sursis, ainsi qu’à une amende de 6.000 euros. Son ex-associé, Xavier Barnich, a quant à lui été condamné à une peine de travail de 300 heures et à une amende du même montant. Le tribunal a prononcé une confiscation d’un montant d’environ 300.000 euros à l’encontre de Stéphane Bleus et une autre d’un montant d’environ 240.000 euros à l’encontre de Xavier Barnich. 

Enfin, il a condamné solidairement les deux hommes à payer aux victimes qui se sont constituées partie civile des dommages et intérêts d’un montant total d’environ 5.800.000 euros. A cela s’ajoutent des dommages moraux à hauteur de 5.000 euros pour chacune des victimes, à l’exception de deux d’entre elles pour lesquelles le dommage moral se chiffre à 8.000 euros. 

Pour déterminer la sanction, le tribunal a tenu compte de « la complexité et la multiplicité des manœuvres » ainsi que des victimes « qui ont été manipulées et dépouillées ». Il a aussi tenu compte de l' »ascendant de Stéphane Bleus sur Xavier Barnich », même si ce dernier a « consciemment pris part » aux faits. 

Pyramide de Ponzi

Stéphane Bleus et Xavier Barnich ont été condamnés pour avoir mis en place une vaste escroquerie de type « pyramide de Ponzi », au travers de plusieurs sociétés. Il s’agit de proposer à des investisseurs des rendements mirobolants et d’utiliser les fonds des derniers investisseurs pour verser le taux d’intérêt promis aux premiers. Le système fonctionne tant que la pyramide grandit et qu’il y a régulièrement de nouveaux investisseurs. A défaut, il s’écroule et ce sont les derniers investisseurs qui perdent tout. Ce système avait notamment été utilisé par l’homme d’affaires new-yorkais Bernard Madoff, considéré comme l’auteur de la plus grande escroquerie financière que le monde ait connu.

 Dès 2004, Stéphane Bleus était parvenu à créer un réseau important de clients, notamment après s’être habilement introduit dans le milieu de la bourgeoisie catholique et de l’aristocratie belge. Il avait convaincu ses victimes de lui confier leur argent pour le faire fructifier sur les marchés financiers, en investissant dans des actions, via ses sociétés présentées comme spécialisées dans la gestion et la détention d’actifs. L’une était installée avenue Louise à Bruxelles, dans de somptueux bureaux. Les prévenus remettaient chaque mois à leurs clients des faux compte-rendus d’investissement, annonçant la performance des sommes investies. Or, les actions étaient inexistantes et donc, sans la moindre valeur. L’argent servait en réalité aux prévenus, notamment pour payer des biens immobiliers, du personnel, des véhicules, etc. aux noms de leurs sociétés, et donner ainsi l’illusion que leurs activités étaient licites et rentables. 

Dix ans plus tard, en 2014, le système s’était écroulé et Stéphane Bleus avait pris la fuite avant d’être retrouvé chez un ami qui le cachait, à Anvers. Parmi les nombreuses victimes, un comte avait investi jusqu’à trois millions d’euros dans les fausses actions. Il s’était suicidé en juin 2014, deux mois après l’effondrement du système frauduleux de Stéphane Bleus.