Les tigres de Russie devront quitter le parc Pairi Daiza

Les deux fratries de tigres de Sibérie, qui vivaient jusqu’ici dans la zone « Terre du froid » à Cambron-Casteau, seront renvoyées sur leurs terres d’origine. Le tigre de Sibérie ou tigre de l’Amour (du nom du fleuve frontalier entre Sibérie orientale et Mandchourie chinoise) est la plus grande sous-espèce de tigre, vivant dans le nord de l’Extrême-Orient : essentiellement en Russie car les populations de Chine et de Corée ont pratiquement disparu.

Le départ des animaux est évidemment un dommage collatéral de l’invasion meurtrière de l’Ukraine par les troupes de Vladimir Poutine, le président russe. D’un point de vue communicationnel et symbolique, il apparaissait impossible pour Pairi Daiza de garder ces animaux emblématiques de la Russie, fiertés du pays, dans ce qui a été consacré comme « meilleur parc zoologique d’Europe » en 2020. Une sorte de « diplomatie du panda » – pratique utilisée par la Chine et consistant à offrir des pandas géants en cadeau afin d’améliorer ou de créer des relations diplomatiques avec un pays – mais à l’envers, en quelque sorte.

Le voyage de retour ne s’annonce toutefois pas simple. Des tractations entre les ambassades sont en cours – et on les imagine tendues vu l’atmosphère actuelle entre Moscou et Bruxelles – pour déterminer les lieux de quarantaine des tigres, les exigences de vaccination – en particulier, une indispensable quatrième dose anti-Covid via le vaccin russe Spoutnik serait réclamée par la Russie – l’obtention de passeports personnels ainsi que le contrôle sanitaire, quatre critères nécessaires lorsque de tels animaux voyagent d’un pays à l’autre. Reste aussi à régler cette question qui intéressera sans aucun doute les visiteurs qui souhaitent se rendre au parc animalier durant les vacances de Pâques. Quelle espèce va donc remplacer les tigres de l’Amour dans leurs enclos de Brugelette ? Il nous revient que Pairi Daiza – suite logique – chercherait à se procurer des animaux symboles de l’Ukraine.

Plusieurs possibilités semblent en réflexion : soit accueillir les « rescapés » Tsar et Jamil, deux lions qui ont dû être évacués en urgence d’un refuge pour animaux situé à Kiev après l’invasion du pays et pour lesquels l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a octroyé un permis d’importation. Une autre éventualité consisterait à importer une famille de rossignols – ce qui serait aussi un clin d’œil aux débuts du « parc Paradisio » qui se focalisait alors sur les oiseaux – car dans le folklore ukrainien, le rossignol, « animal national », est un symbole de volonté, d’inspiration et de talent. L’oiseau est souvent mentionné dans les chansons et poèmes ukrainiens comme annonciateur du printemps.

Ou enfin, aménager un espace aquatique et le remplir de moules de la mer Noire, mollusque traditionnellement apprécié des gourmets à Odessa.