Les Olympiades de maths : « Les têtes de classe ne passent pas toujours. »
Le mercredi après-midi, il y a souvent de la concurrence dans le planning des élèves, notamment entre le VTT, le tennis et les Olympiades. Pour les demi-finales des Olympiades mathématiques, le rendez-vous est fixé au 11 mars, tandis que la grande finale aura lieu à Namur, le 22 avril.
Le mercredi après-midi, le planning des élèves est souvent chargé. « Moi, j’avais VTT. J’ai hésité à venir aux Olympiades », confie un élève de première année. « Et moi, c’était tennis. Mais bon, le tennis, c’est toutes les semaines ! Les Olympiades, c’est une fois par an. » Pour se préparer un petit peu, ils ont feuilleté le livret d’une édition précédente avec leur professeur de maths. « Par moments, ça avait l’air un peu dur », admettent-ils. « Moi, je me dis que l’important, c’est de participer. On verra bien ! J’y vais sans pression. »
Non loin de là, un groupe de filles un peu plus âgées peine à cacher son excitation. Les Olympiades représentent pour elles un événement très attendu, une véritable passion. « Je m’y prépare depuis juillet ! », raconte l’une d’entre elles. Faire des exercices est un plaisir, au point que ses parents lui disent parfois d’arrêter et de faire un peu autre chose ! Ce qu’elle préfère ? « Les équations, j’adore ! » Son rêve est d’accéder à la finale. « Ce serait fou ! En plus, c’est à Namur, à l’université ! » Elle parvient chaque année en demi-finale, tout comme ses deux amies. « Mais moi, je ne me suis pas préparée du tout », ajoute l’une d’elles. Être sélectionnée pour l’épreuve suivante « rassure sur ses capacités. C’est bon pour l’ego ». Elle espère qu’il y aura beaucoup d’algèbre, sa matière préférée.
Parmi les élèves rassemblés, certains sont parmi les meilleurs en classe, d’autres « galèrent un peu » en mathématiques, mais tous sont là pour le défi. « Tous les élèves qui se présentent ne sont pas des têtes de classe », confirme Jean-Christophe Rasneur, professeur à l’Athénée Royal Jules Bordet. « Certains réussissent bien à l’école, d’autres moins. Ils tentent le coup quand même, par curiosité ! Et c’est ça qui est beau, je trouve ! »
L’heure de commencer l’épreuve arrive. Environ cinquante élèves s’installent dans la salle d’études. Christine Malengreau, professeure en 4-5-6, souhaite rassurer les élèves dès le départ. « Déjà, vous pouvez vous féliciter d’être ici, quels que soient les points que vous aurez à la fin ! » Pour elle, participer, c’est démontrer « qu’on en veut », qu’on est prêt à travailler. « Une marche à la fois, on y arrive. Chacun à son rythme. Il faut parfois plus de temps. Mais je pense que le travail est toujours récompensé. »
Les élèves ont 1h30 pour tenter de répondre à 30 questions. « L’an dernier, un de nos élèves a fait 150/150 », souligne Alain Godart. « C’était du jamais vu, ici à l’Athénée ! J’avais du mal à y croire ! Mais ce n’était pas de la triche. Puis il est allé jusqu’en finale ! » Il se présente encore cette année. Fera-t-il aussi bien ? « En tout cas, en tant que professeurs de maths, cela nous fait chaud au cœur de voir tous ces élèves se présenter. J’aimerais qu’il y en ait plus qui poursuivent ensuite, qu’ils s’orientent vers des études de mathématiques, de sciences… car ils ont du potentiel ! »
Les Olympiades peuvent parfois réserver des surprises, met en avant Sébastien Verspecht, également professeur de maths et membre de la Société des Professeurs de Mathématiques en Belgique francophone, qui organise le concours. « Ce n’est pas parce qu’on est un bon élève en maths, à l’école, qu’on va nécessairement bien réussir le concours. Des élèves peuvent être très bons en restitution de matière, mais ils ne comprendront pas, lors des Olympiades, quelle matière, quel outil mathématique ils doivent utiliser. D’autres, en classe, vont réussir moins bien. Ils seront moins doués en restitution, moins scolaires. Mais aux Olympiades, ils vont tout de suite sentir comment résoudre un problème. Et ça, ça peut faire la différence ! »
La maîtrise du français est cruciale, bien que cela puisse sembler paradoxal dans un concours de mathématiques. « Hé oui ! Comprendre un énoncé : voilà ce qui pose le plus souvent problème à nos élèves ! », témoigne Jean-Christophe Rasneur. « Les questions des Olympiades ne sont pas nécessairement piégeuses. Ce sont les énoncés qu’il faut parvenir à décrypter, pour comprendre ce que l’on demande, et ensuite quel outil mathématique, quelle méthode de résolution il faut actionner. »
La préparation des questions commence trois ans à l’avance, explique Sébastien Verspecht. « Beaucoup de gens l’ignorent ! Puis les questions sont jalousement gardées. Il faut croire que les profs de maths sont de véritables tombes, car il n’y a jamais de fuites », précise-t-il en souriant.
Pour les demi-finales des Olympiades mathématiques, rendez-vous le 11 mars. Les mieux classés se retrouveront à Namur, le 22 avril, pour la grande finale. Celle-ci permettra d’accéder à d’autres Olympiades, internationales cette fois-ci, où la Belgique a récemment brillé.

