Les inondations de juillet 2021 ont coûté 2,8 milliards à la Wallonie

Quasiment un an après les terribles inondations de la mi-juillet 2021, le gouvernement wallon a dressé, lundi, un bilan de son action. Une synthèse de ce qu’il a fait et de ce qu’il lui reste à faire pour aider les sinistrés et rendre plus résilientes les régions touchées.

Pour rappel, les inondations du 14 juillet ont touché 209 communes sur les 262 que compte la Wallonie. Les événements les plus dévastateurs ont été enregistrés dans la province de Liège en général et dans la vallée de la Vesdre en particulier. Trente-neuf personnes sont décédées, 100 000 personnes ont été sinistrées, 48 000 bâtiments (dont 45 000 logements) ont été touchés, ainsi que 11 000 véhicules. Quelque 15 000 foyers se sont retrouvés sans gaz, 66 500 sans électricité et 47 000 sans eau courante. Enfin, 559 ponts ont été abîmés par les crues et 160 infrastructures sportives ont été endommagées. Un drame d’une ampleur sans précédent qui a coûté 2,8 milliards d’euros à la Wallonie.

À l’époque, le gouvernement wallon s’est rapidement mobilisé pour venir en aide aux sinistrés et aux entreprises touchées par les inondations. Le ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS), annonce alors que l’intention de son gouvernement est d’aider « tous les sinistrés, les assurés comme les non-assurés pour qu’ils puissent bénéficier d’une indemnisation de leurs dégâts ». Une indemnisation que le gouvernement wallon souhaite totale. Il a donc fallu négocier avec les compagnies d’assurances afin qu’elles acceptent de dépasser les 20 % d’indemnisation maximums prévus par une loi fédérale. « Après négociations, les assureurs ont quasiment doublé le plafond d’intervention. Ils interviennent à raison de 41 % et le gouvernement à raison de 59 % », explique le ministre-Président wallon. Ce dernier va d’ailleurs très prochainement rencontrer à nouveau les compagnies d’assurances. Les montants envisagés au début sont déjà dépassés et les deux parties avaient prévu de se revoir si le cas se produisait. Dans les jours ou semaines qui viennent, on devrait donc connaître le résultat de ces nouvelles négociations.

7 673 dossiers aux fonds des calamités

Quant aux sinistrés non assurés, la Wallonie les aide via le fonds des calamités qui a reçu à ce jour 7 673 demandes d’indemnisation. Parmi ces dossiers, près de 3 000 nécessitent des informations complémentaires de la part des demandeurs. Près de 2 000 dossiers ont déjà fait l’objet d’une décision positive, mais 1 700 ont été refusés. Les autres sont en cours d’examen.

Toutes sortes d’aides ont aussi été mises en place. Un soutien alimentaire entre autres. La Wallonie a financé 600 000 repas chauds entre mi-septembre 2021 et mi-mars 2022. En matière de relogement, 3 521 personnes sinistrées ont été relogées via différents mécanismes (logement public, communes, CPAS, AIS, infrastructures touristiques, etc).

Dix équipes mobiles spécialisées dans l’aide psychologique ont été déployées dans les zones touchées par les inondations pour apporter un soutien psychosocial aux victimes désireuses d’en recevoir un.

Pour aider les sinistrés à sécher leurs logements, un millier de déshumidificateurs a été mis à disposition dans les 38 communes les plus touchées.

Au niveau des communes sinistrées, une aide du gouvernement a permis d’engager 390,5 équivalents temps-plein sous régime APE pour aider l’administration locale dans 79 communes.

En matière d’activité économique, des prêts permettant de préfinancer les indemnisations des entreprises et les indépendants touchés par les inondations ont été octroyés.

46 % des berges sécurisées

Les très nombreuses infrastructures régionales dégradées par la violence des crues doivent être réparées ou reconstruites. Les travaux qui concernaient le réseau routier ont rapidement été menés. Les travaux concernant les ponts et autres ouvrages d’art endommagés par les crues se poursuivent. Pour ce qui est de la sécurisation des berges dans les zones sinistrées, la Wallonie a identifié 1 000 sites à sécuriser. « À ce stade, 46 % des travaux sont terminés. le reste devra être achevé pour l’hiver 2022 », explique-t-on du côté du cabinet d’Elio Di Rupo. Par contre, les travaux qui doivent permettre de reconstruire les berges de manière résiliente (880 km de berges rien que le long de la Vesdre) débuteront lorsque les travaux de sécurisation seront terminés. Un an après, la tâche reste encore très importante.