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Les frappes américaines et israéliennes dans le conflit au Moyen-Orient

Depuis quatre jours, les forces américaines et israéliennes visent des sites stratégiques et militaires iraniens. Le 3 mars, des frappes israélo-américaines ont visé le bâtiment à Qom abritant l’institution chargée d’élire un nouveau guide suprême pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei, selon des médias locaux.


Depuis quatre jours, les forces américaines et israéliennes ciblent des installations stratégiques et militaires iraniennes. D’après l’Institute for the Study of War (ISW), le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées américain, a déclaré le 2 mars que « la supériorité aérienne locale a été établie » dans l’espace aérien iranien, en particulier à l’ouest et au-dessus de Téhéran. Selon l’armée israélienne, 200 systèmes de défense aérienne iraniens ont été attaqués depuis le début des frappes le 28 février.

Ces attaques ont permis aux États-Unis et à Israël de déployer des avions moins sophistiqués, comme des bombardiers B-1, utilisés pour détruire les capacités balistiques de l’Iran, signe d’une plus grande confiance dans la conduite de leurs opérations, selon l’analyse de l’ISW.

Les opérations coordonnées ont également perturbé la capacité de l’Iran à effectuer des tirs de missiles à grande échelle. Plusieurs installations ont été touchées, y compris la base de missiles Imam Ali à Khorramabad, qui abritait des missiles balistiques d’une portée de 800 à 1300 kilomètres, ainsi que le site de missiles de Bid Ganesh dans la province de Téhéran.

Parmi les autres cibles stratégiques figuraient l’usine de fabrication de drones de Shahin Shahr, plusieurs sites de stockage dans le sud-est de l’Iran et le complexe aérospatial de l’université Malek Ashtar. Pour la première fois, une installation nucléaire a été frappée le 2 mars à Natanz, causant de graves dommages à trois bâtiments.

Le 3 mars, les frappes israélo-américaines ont visé un bâtiment à Qom, qui abrite l’institution chargée de choisir le successeur de l’ayatollah Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre, selon des médias locaux. Qom, une ville sainte au sud de Téhéran, avait déjà subi des frappes sur le siège principal de l’Assemblée des Experts, comme l’a rapporté l’agence Tasnim. Des sites de sécurité intérieure, ainsi que la télévision d’État IRIB, ont également été touchés.

Les alliés de l’Iran dans la région, notamment les milices pro-iraniennes en Irak, ont également été visés. En Irak, des groupes armés soutenus par l’Iran ont mené des dizaines d’attaques de drones contre des bases américaines, mais beaucoup de ces drones ont été interceptés. Selon Renad Mansour, chercheur à l’Université américaine d’Irak, ces groupes manquent des capacités militaires pour causer des dommages significatifs et sont devenus plus prudents car ils sont étroitement liés à l’État.

Israël a également frappé plus de 70 dépôts d’armes au Liban ainsi que des sites de lancement du Hezbollah. L’armée israélienne a annoncé avoir avancé en territoire libanais pour établir une zone tampon en réponse au bombardement par le Hezbollah.

En réaction à l’engagement du Hezbollah, qui a commencé à bombarder Israël, l’armée israélienne a intensifié ses frappes sur ses positions. Nicholas Blanford, auteur sur le Hezbollah, indique que son chef, Naïm Qassem, n’avait pas prévu de s’impliquer dans ce conflit, soulignant qu’il aurait été contraint par l’Iran.

L’Iran a rapidement réagi aux frappes israélo-américaines par des tirs de missiles balistiques et de drones, bien que le rythme de ces attaques ait diminué. Ainsi, l’ISW a observé qu' »l’Iran a mené au moins quatre salves de missiles visant Israël le 1er mars et au moins six le 2 mars, contre au moins 20 le 28 février ». Cette baisse des frappes pourrait découler des destructions des lanceurs de missiles iraniens.

Didier Leroy, chercheur en sécurité, note que l’Iran, conscient de son désavantage militaire, s’appuie sur un réseau de partenaires, tels que le Hezbollah, les milices en Irak et les Houthis au Yémen, pour mener des opérations asymétriques.

Israël a été touché par des frappes, notamment à Tel Aviv et à Jérusalem. Par ailleurs, l’Iran a lancé plus de 174 missiles balistiques et 689 drones vers les Émirats arabes unis depuis le 28 février, avec une interception de 161 missiles et 645 drones, bien que 13 missiles et 44 drones aient atteint leur cible. L’Iran a aussi frappé une base aérienne en Arabie saoudite et des installations au Koweït, entraînant la mort de six soldats américains.

À Dubaï, les frappes ont endommagé des infrastructures, y compris des hôtels de luxe et l’aéroport principal. Le Qatar, fournissant 20% du gaz naturel liquéfié mondial, a arrêté sa production suite à des attaques de drones sur ses installations. Les Iraniens ont également lancé des drones contre Chypre, ayant pris pour cible une base militaire britannique.

Depuis le début de cette guerre, le Royaume-Uni a renforcé sa capacité défensive à partir de sa base d’Akrotiri à Chypre et a envoyé un navire de guerre et des moyens antidrones pour protéger ses installations militaires sur l’île.