Les contrôles d’identité sont basés sur des stéréotypes, selon une étude de la VUB

La chercheuse Inès Saudelli plaide pour plus de transparence, car un citoyen peut percevoir ces contrôles d’identité comme arbitraires et discriminatoires. La recherche a été conduite dans deux commissariats locaux pour un total de 750 heures d’observation et des entretiens avec 37 agents de police. Dans le cadre de cette étude, deux images ont été présentées aux agents interrogés: une femme seule dans une voiture et quatre jeunes hommes dans une voiture. Dans le croquis de situation présentée, les personnes photographiées ont emprunté plusieurs fois la même route dans une zone résidentielle.

« La majorité des policiers participants ont indiqué qu’ils contrôleraient les quatre jeunes hommes, mais pas la femme », indique le rapport. Bien que la raison du contrôle, selon les policiers, soit le comportement suspect, c’est-à-dire le fait d’emprunter plusieurs fois le même chemin, ils ont dit prendre également en compte les caractéristiques individuelles, comme leur sexe, leur ethnicité, leur âge et leurs vêtements. « C’est problématique », explique la chercheuse, puisque des idées stéréotypées semblent déterminer ce qui constitue un comportant déviant qui conduit à un contrôle d’identité.

Les agents de police sont autorisés par la Loi sur la fonction de police à effectuer des contrôles d’identité de leur propre initiative lorsqu’il existe des « motifs raisonnables ». Mais sans donner une définition claire à ces termes, les policiers sont libres de le faire de manière indépendante, et cela dépend souvent de la coopération des citoyens, des preuves matérielles ou du moment et du lieu. Par conséquent, certaines personnes sont plus susceptibles que d’autres d’être soumises à un contrôle.

« C’est pourquoi je plaide pour une forme qualitative d’enregistrement des contrôles d’identité, afin que tous les partis sachent clairement qui, où, quand et pourquoi ils sont contrôlés », conclut Inès Saudelli.