Belgique

Les Belges et la crise énergétique : Wallons plus exposés.

Le 8 avril, pour une commande de 2000 litres de mazout, il faut débourser 3212 euros. Selon le rapport sur la précarité énergétique de la fondation Roi Baudoin, c’est dans la région capitale et au sud du pays qu’une part plus importante des ménages se retrouve en situation délicate.


Dans le cadre belge, les ménages ne sont pas tous à égalité face à la hausse des tarifs énergétiques.

Bien que certaines disparités régionales existent, un foyer équipé de panneaux solaires, d’une pompe à chaleur et d’une voiture électrique fera face à des factures moins élevées. Néanmoins, la région où l’on vit demeure un critère déterminant dans cette équation.

La Wallonie se retrouve désavantagée sur plusieurs aspects, notamment la possibilité d’utiliser moins la voiture, l’état des bâtiments et les combustibles utilisés pour le chauffage.

### Le mazout atteint des sommets

Ce 8 avril n’est clairement pas le moment approprié pour faire le plein de sa cuve à mazout. Pour une commande de 2000 litres, il vous faudra débourser 3212 euros. « On atteint des sommets historiques », remarque l’économiste Philippe Defeyt, « heureusement qu’on n’est pas en hiver ».

Le prix du mazout de chauffage, qui dépasse ceux observés au début de la guerre en Ukraine, pèse lourdement sur les ménages du sud du pays, où près de 40 % des Wallons disposent d’une chaudière à mazout.

Avec des tarifs maximums à la pompe atteignant 2,4890 euros par litre pour le diesel ce mercredi, les Wallons se retrouvent une nouvelle fois en difficulté. Plus d’un véhicule sur trois dans cette région fonctionne au diesel selon les données de Statbel, un chiffre supérieur à celui des autres régions, tandis que le diesel augmente plus rapidement que l’essence.

Cela a d’autant plus de conséquences que les Wallons se déplacent davantage en voiture que dans les deux autres régions : 85 % des trajets en Wallonie s’effectuent en automobile. Ce pourcentage est inférieur en Flandre, grâce à une utilisation accrue du vélo. « Il faut toutefois prendre en compte les déplacements remboursés par les entreprises », tempère Philippe Defeyt.

Pour les habitants de Bruxelles, la densité urbaine fournit un réseau de transports en commun plus étendu avec des passages fréquents. Par conséquent, plus de la moitié des ménages de la capitale ne possède pas de voiture. De plus, la distance parcourue en ville est moindre (22 km en moyenne par jour) qu’en milieu rural (29 km en moyenne par jour), où les services et lieux de travail sont souvent éloignés des habitations.

### Les Flamands ont les épaules plus solides

Dans le nord du pays, les revenus médians se révèlent les plus élevés du royaume, avec 32.191 euros par an par habitant en 2023 (la moitié des habitants ayant un revenu supérieur, l’autre inférieur, NDLR), selon Statbel.

Il est donc évident que subir les effets d’une crise énergétique impacte moins le pouvoir d’achat dans cette région. La part de l’énergie dans les factures est plus significative pour les foyers à faibles revenus, et cela se manifeste à l’échelle nationale.

Le rapport sur la précarité énergétique de la fondation Roi Baudoin indique que c’est surtout dans la région de la capitale et dans le sud du pays qu’une proportion plus importante des ménages se trouve dans une situation précaire.