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Les astronautes d’Artémis observent la face cachée de la Lune.

La mission Artémis 2 a atteint « les deux tiers » du trajet jusqu’à la Lune, a indiqué la Nasa sur le réseau X. Le vaisseau Orion survolera l’astre lundi, une première en plus d’un demi-siècle.


La mission Artémis 2 a atteint « les deux tiers » du trajet vers la Lune, a annoncé la Nasa sur le réseau X. « Nous avons pu voir pour la première fois la face cachée de la Lune et c’était tout simplement spectaculaire », a témoigné Christina Koch, une astronaute américaine, lors d’une interview télévisée depuis leur vaisseau Orion.

Pour elle, l’astre leur est apparu « différent ». Elle est, par ailleurs, devenue la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace lors de ce vol. « Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués. Alors nous avons sorti nos données de repérage lunaire, nous avons fait correspondre les images et nous nous sommes dit : ‘voilà la face cachée. C’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant' ».

Les quatre astronautes – trois Américains et un Canadien – ont observé l’hémisphère lunaire en permanence tourné vers le côté opposé de la Terre, une première depuis les missions Apollo, il y a plus de cinquante ans. Lors de cette occasion, ils ont pu capturer « des reliefs lunaires que l’œil humain n’avait jamais vus jusqu’à hier », a précisé John Honeycutt, un haut responsable de la Nasa, lors d’une conférence de presse. « Seules des images prises par des robots avaient montré cette région de la Lune ».

Après un décollage réussi en Floride mercredi, l’équipage se dirige vers la Lune, située à environ 400.000 km de la Terre, soit 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS). Il doit survoler l’astre lundi, un événement inédit en plus d’un demi-siècle. « Ce matin, on voyait la Terre à moitié, on l’a ensuite vue en entier puis elle a disparu », a décrit l’astronaute canadien Jeremy Hansen. « La Lune grandit », a-t-il ajouté. « C’est exaltant. C’est notre destination ».

L’équipage ne se posera pas sur la Lune mais en fera le tour, notamment en passant derrière sa face cachée avant de revenir sur Terre, avec un retour prévu le 10 avril. Lors de ce survol de plusieurs heures, qui constituera le point culminant de leur mission, les astronautes devraient apercevoir des portions de la Lune qui n’avaient jamais été vues directement par l’Homme et réaliser de précieuses observations à l’œil nu. Tous ont été formés pendant plus de deux ans pour étudier les formations géologiques et les décrire, et leurs notes ainsi que leurs photographies devraient enrichir nos connaissances sur la géologie et l’histoire de notre satellite naturel.

Leur survol sera retransmis en direct, à l’exception de 40 minutes durant lesquelles les communications seront coupées car le vaisseau sera derrière la Lune et ne pourra pas communiquer avec la Terre. Grâce à des directs sur YouTube, des photos prises avec des iPhones et des interviews télévisées depuis l’espace, la Nasa s’efforce d’impliquer le public dans cette nouvelle odyssée lunaire. Le monde a ainsi pu suivre de près les problèmes d’emails et de toilettes rencontrés par les astronautes, ainsi que leurs séances de sport, leurs réveils en musique et leurs repas partagés.

Le commandant Reid Wiseman a déclaré que même les astronautes étaient émerveillés par ce miracle technologique. Il a pu communiquer samedi avec ses deux filles, qu’il élève seul depuis le décès de sa femme en 2020 : « On est là-haut, on est si loin et pourtant l’espace d’un instant j’ai retrouvé ma petite famille, et ça a été le plus beau moment de toute ma vie », a-t-il partagé avec émotion.

Au cours de ce vol test, l’équipage a pour mission de s’assurer que tout est en ordre pour permettre aux Américains de revenir sur la surface lunaire dans les années à venir, en vue d’établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars. La Nasa ambitionne un alunissage en 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs concurrents chinois pour marcher sur la Lune. Cependant, des experts s’attendent à de nouveaux ajournements, car les alunisseurs développés par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos ne sont toujours pas prêts.