Belgique

L’enquête sur le Qatargate validée, l’instruction ne peut pas s’arrêter.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a validé la procédure suivie par la justice belge dans le dossier du Qatargate, qui concerne plusieurs eurodéputés soupçonnés d’avoir accepté des pots-de-vin du Qatar, du Maroc et de la Mauritanie. Un arrêt long de plus de cent pages a balayé les arguments des inculpés, permettant à l’instruction de se poursuivre.


La chambre des mises en accusation de Bruxelles a validé la procédure actuellement en cours dans le cadre du dossier du Qatargate. Cette affaire implique plusieurs eurodéputés soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin du Qatar, ainsi que du Maroc et de la Mauritanie, pour influencer les prises de position européennes en faveur de ces pays.

Les inculpés contestaient vigoureusement la conduite des enquêtes.

Pour rappel, le parquet fédéral a ouvert en juillet 2022 une grande enquête sur les tentatives d’influence du Qatar et du Maroc sur les décisions économiques et politiques du Parlement européen, notamment par l’intermédiaire de l’ancien député européen italien Pier Antonio Panzeri et de son organisation à but non lucratif, Fight Impunity.

Dans cette affaire, sont également impliqués l’associé de Panzeri, Francesco Giorgi, et sa compagne, Eva Kaili, qui fut l’un des 14 vice-présidents du Parlement européen. D’autres personnes mises en cause incluent le lobbyiste italo-bruxellois Nicolo Figa-Talamanca, l’eurodéputé italien Andrea Cozzolino, ainsi que les Belges Marc Tarabella et Marie Arena. Pier Antonio Panzeri a reçu le statut de repenti, acceptant de collaborer activement à l’enquête.

Les débats ont porté sur le respect de l’immunité parlementaire de certains inculpés, sur un éventuel conflit d’intérêts concernant l’ancien juge d’instruction Michel Claise, sur les conséquences des fuites dans la presse, et sur le rôle de la Sûreté de l’État dans l’enquête.

Dans un arrêt de plus de cent pages rendu quelques jours avant la date prévue, la chambre des mises en accusation de Bruxelles a rejeté les arguments des inculpés.

L’instruction peut donc se poursuivre, a confirmé une source proche du dossier à la RTBF, après que l’information ait été publiée par Le Soir.

La chambre des mises en accusation estime que les questions de procédure soulevées par les avocats de la défense ne sont pas de nature à remettre en cause l’enquête.