Belgique

Le suicide assisté d’un Autrichien de 22 ans remet en question la gestion du Covid long

Samuel, un jeune homme autrichien, a témoigné de sa « souffrance inimaginable » due à une forme de Covid long avant sa mort début février. Selon Tomaso Antonacci, président de l’asbl Long Covid Belgium, « entre 3 et 30% du total des personnes ayant contracté le Covid sont atteints du Covid long ».


Avant son décès début février, un jeune homme autrichien avait souhaité partager sa « souffrance inimaginable« , une fatigue intense provoquée par une forme de Covid long. Sur le forum Reddit, Samuel écrivait : « Je dois rester alité 24 heures sur 24 et ne peux pas trop bouger. L’obscurité doit être totale car je ne supporte pas la lumière. Je porte une double protection auditive car je ne supporte aucun bruit. Je ne peux pas regarder d’écrans, même une seconde, car le moindre mouvement me provoque une angoisse insupportable. Je ne peux même plus parler à ma mère, qui prend soin de moi, car écouter est trop épuisant, et parler est devenu totalement impossible. »

Pour Tomaso Antonacci, président de l’asbl Long Covid Belgium, créée par et pour les patients, « c’est une des formes le plus courantes du virus. Le Covid va impacter le système nerveux, et beaucoup de fonctions sont dérégulées, avec une extrême fatigue et une intolérance à l’effort, si faible soit-il. »

Le médecin de Samuel a reconnu son impuissance face aux symptômes de son patient, aucun traitement n’ayant encore été validé par la science. Tomaso Antonacci critique également l’absence de « vraie épidémiologie » pour établir des diagnostics généralisés et ce qu’il considère comme une mauvaise volonté politique à s’attaquer à cette maladie : « Les mécanismes sont compris en grande partie en recherche fondamentale. On refuse d’investir pour que ces connaissances basculent vers la pratique clinique. »

De plus, selon Antonacci, qui souffre également de Covid long, certaines mesures vont à l’encontre de l’état de la recherche : « On continue à forcer les gens à reprendre leur activité, alors que les études démontrent l’aspect délétère. Les gens ont besoin de traitement, pas de pression. »

Les autorités autrichiennes, comme partout dans le monde, ont reconnu qu’il y a un manque de données sur cette maladie.

En Belgique, l’asbl de Tomaso Antonacci compte actuellement 500 membres, mais il souligne qu’il n’y a pas de véritable quantification des personnes affectées : « Selon les études, entre 3 et 30% du total des personnes ayant contracté le Covid sont atteints du Covid long. » En janvier 2023, une étude internationale estimait à 65 millions le nombre de personnes touchées par le Covid long dans le monde.

Écoutez l’intégralité de cette interview dans le podcast Le Monde en direct ci-dessus.